Approximativement

Création textuelle et graphique, à quatre mains.

mardi 25 octobre

Vive le wifi

25€

25€ et 5€ par mois

Voilà ce qu'il vous en coûtera pour passer au wifi chez 9télécom. Obligation de changer de modem pour avoir un modem "compatible nouvelle génération" (en réalité, pour le commun des mortels, on change juste le chiffre à la fin du numéro de produit), avec des "frais de changement" obscurs à 25€. Une location de modem qui passe de 2 à 3€ (vu que le modem passe de V2 à V3) et la location du matériel wifi à 3€.

En effet, c'est toujours moins cher qe de s'acheter un modem wifi qui de toute façon ne sera pas compatible avec la téléphonie.

Merci la prise d'otage.

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jeudi 08 septembre

Sex and the City

Étant fan de la série Sex and the city, je me suis acheté le livre de Candace Bushnell, premier recueil des chroniques qu’elle a écrites. Pour voir ce que je donnais en américain oral, j’ai traduit un chapitre.

Le Lien du mariage à Manhattan :

Vieilles filles,

Célibataires toxiques

Au déjeuner l’autre jour. Bavardage cruel avec un homme que je venais juste de rencontrer. Nous parlions d’amis communs, un couple. Il connaissait le mari, je connaissais la femme. Je n’avais jamais rencontré le mari, et je n’avais pas vu la femme depuis des années (excepté quand je la rencontrais occasionnellement dans la rue), mais comme d’habitude, je savais tout de la situation.

« Cela va mal finir, dis-je. Il était naïf. Une souris des champs. Il venait de Boston et il ne savait rien d’elle et elle a sauté sur l’opportunité. Elle était déjà sortie avec tellement de mecs à New York et elle avait une réputation. Aucun mec de New York ne l’aurait épousée. »

J’attaquai mon poulet frit, m’échauffant sur le sujet. « Les femmes de New York savent. Elles savent quand elles doivent se marier, et c’est à ce moment-là qu’elles le font. Peut-être elles ont couché avec trop de mecs, ou elles savent que rien ne va vraiment arriver dans leur carrière, ou peut-être elles veulent vraiment des gamins. Jusque-là, elles le repoussent aussi longtemps qu’elles le peuvent. Puis elles arrivent à ce moment, et si elles ne le prennent pas… » Je haussais les épaules. « Ça y est. Il n’y a aucune chance pour qu’elles se marient. »

L’autre gars à la table, un chef d’entreprise, papa amoureux qui vit à Westchester, nous regardait avec horreur. « Mais que faites-vous de l’amour ? » demanda-t-il.

Je le regardais avec pitié. « Je ne pense pas. »

Quand il est question de trouver un partenaire à marier, New York a ses propres rituels d’accouplement cruels, aussi compliqués que ceux d’un roman d’Edith Wharton1. Tout le monde connaît les règles – mais personne ne veut en parler. Le résultat c’est que New York a engendré un type particulier de femmes célibataires – intelligentes, attirantes, pleines de succès, et… jamais mariées. Elle est à la fin de la trentaine ou au débat de la quarantaine, et, si l’empirisme est bon à quoi que ce soit, elle ne se mariera probablement jamais.

Il n’est pas question de statistiques. Ou d’exceptions. Nous connaissons tous l’auteur de pièces de théâtre à succès qui a épousé la belle styliste quelques années plus vieille que lui. Mais quand vous êtes belle et pleine de succès et riche et que vous « connaissez tout le monde », les règles normales ne s’appliquent pas.

Mais si, d’un autre côté, vous avez quarante ans et vous êtes jolie et vous êtes productrice de télé et vous avez votre propre entreprise de relations publiques, mais vous vivez toujours dans un studio et vous dormez sur un clic-clac – l’équivalent des années quatre-vingt-dix de Mary Tyler Moore2 ? Excepté que, contrairement à Mary Tyler Moore, vous avez couché avec tous les mecs au lieu de modestement les foutre dehors à 0 h 02 ? Qu’arrive-t-il à ces femmes ?

Elles sont des milliers, peut-être des dizaines de milliers de femmes comme ça dans la ville. Nous en connaissons tous beaucoup, et nous sommes tous d’accord sur le fait qu’elles sont géniales. Elles voyagent, elles paient leurs impôts, elles dépensent quatre cents dollars dans une paire de sandales Manolo Blahnik.

« Il n’y a rien de mal avec ces femmes, » dit Jerry, trente-neuf ans, un directeur de cabinet d’avocats qui se trouve être marié avec une de ces brillantes femmes, trois ans plus vieille que lui. « Elles ne sont pas folles ou névrosées. Il n’y a pas de Fatal Attraction. » Jerry fit une pause. « Pourquoi est-ce que je connais tellement de femmes géniales qui ne sont pas mariées, et pas de mecs géniaux ? Soyons clairs, les hommes célibataires à New York sont des idiots. »


Les M&M's


« Voilà comment ça marche, dit Jerry. Il y a une fenêtre d’opportunités pour les femmes pour se marier à New York. Quelque part entre l’âge de vingt-six et trente-cinq. Ou peut-être trente-six. » Nous nous étions mis d’accord que si une femme a été mariée une fois, elle peut toujours se remarier ; il y a quelque chose comme le fait de savoir comment conclure le contrat.

« Mais tout d’un coup, quand une femme atteint trente-sept ou trente-huit ans, il y a toutes ces… choses, dit-il. Le bagage. Elles sont restées là trop longtemps. Leur histoire joue contre elles. Si j’étais célibataire, et que je découvrais qu’une femme est sortie avec Mort Zuckermann ou "Marvin" (un éditeur) – les M&M’s – il faut l’oublier. Qui veut être le vingtième de la liste ? Et puis si elles tirent d’autres de ces boulets, comme des enfants hors mariage ou des cures de réhabilitation – c’est un problème. »

Jerry raconta une histoire : l’été dernier, il était à un petit dîner dans les Hampton. Les invités venaient de la télé et du cinéma. Lui et sa femme essayaient de mettre un ancien mannequin de quarante ans avec un mec qui venait juste de divorcer. Tous les deux discutaient, et soudainement quelque chose est sorti à propos de Mort Zuckerman, et puis Marvin, et soudainement Jerry et sa femme virent le mec se fermer.

« Il y a une liste de célibataires toxiques à New York, dit Jerry, et ils sont fatals. »

Plus tard dans la journée, je racontais l’histoire à Anna, qui a trente-six ans, et qui a l’habitude de contredire tout ce que disent les hommes. Tous les mecs veulent coucher avec elle, et elle les jette constamment parce qu’ils sont trop superficiels. Elle est sortie avec les M&M’s et elle connaît Jerry. Quand je lui ai raconté l’histoire, elle a hurlé. « Jerry est juste jaloux. Il aimerait être comme ces mecs, sauf qu’il n’a pas l’argent et le pouvoir de s’y tenir. Gratte la surface et tous les mecs de New York veulent être Mort Zuckerman. »

George, trente-sept ans, placeur boursier, est un autre mec qui voit les célibataires toxiques comme un problème. « Ces mecs – le chirurgien plastique, l’éditeur du Times, le fou qui a une clinique de fertilité –, ils sortent tous avec le même groupe de femmes et cela ne va jamais nulle part, dit-il. Ouais, si je rencontre une femme qui est sortie avec tous ces mecs, je n’aimerais pas ça. »


Des gamins… ou de la lingerie ?


« Si tu es Diane Sawyer3, tu trouveras toujours à te marier, dit George. Mais même les femmes qui sont des 19 ou 20/20 peuvent se manquer. Le problème c’est que, à New York, les gens se sélectionnent en groupes de plus en plus petits. Tu as affaire à un groupe de personnes qui sont énormément privilégiés, et leurs standards sont incroyablement élevés.

Et puis il y a tous tes amis. Regarde-toi, dit George. Il n’y a rien qui cloche avec aucun des mecs avec qui tu es sortie, mais on t’emmerde toujours avec eux. »

C’était vrai. Tous mes petits amis ont été merveilleux à leur manière, mais mes amis leur ont tous trouvé des défauts, me sermonnant sans merci pour supporter tous ces défauts flairés, mais dans mon esprit excusables. Maintenant, j’étais seule finalement, et tous mes amis étaient heureux.

Deux jours plus tard, je rencontrais George à une soirée. « Tout tourne autour des gamins, dit-il. Si tu veux te marier, c’est pour avoir des gamins, et tu ne veux pas en faire avec quelqu’un de plus de trente-cinq ans, parce qu’alors tu dois avoir des gamins immédiatement, et alors c’est tout. »

Je décidais de vérifier avec Peter, quarante-deux ans, un écrivain, avec qui j’ai eu deux rendez-vous. Il était d’accord avec George. « Tout tourne autour de l’âge et de la biologie, dit-il. Tu ne peux pas comprendre à quel point l’attirance initiale pour une femme en âge d’être enceinte est immense. Pour une femme qui est plus vieille, quarante ans peut-être, ça va être plus dur parce que tu ne vas pas sentir cette attirance initiale si forte. Il faut les fréquenter longtemps avant de vouloir coucher avec elles, et alors il est question d’autre chose. »

De lingerie sexy, peut-être ?

« Je pense que le problème des femmes plus vieilles, pas encore mariées, c’est probablement le plus gros problème à New York, » dit Peter hargneusement, puis il ajouta pensivement : « Cela donne des tourments à tant de femmes, et beaucoup d’elles sont dans le déni. »

Peter raconta une histoire. Il a une amie, quarante et un ans. Elle est toujours sortie avec des mecs extrêmement sexy et prenait simplement du bon temps. Puis elle est sortie avec un mec qui avait vingt ans et dont on se moqua sans pitié. Puis elle est sortie avec un autre mec sexy de son âge, et il l’a quittée, et soudainement elle ne pouvait plus avoir aucun autre rendez-vous. Elle fit une grosse dépression et ne put garder son job et dû rentrer dans l’Iowa pour vivre avec sa mère. C’est pire que le pire cauchemar de femme, et ce n’est pas une histoire qui met les hommes mal à l’aise.


La version de Roger


Roger était assis à un restaurant dans l’Upper East Side, se sentant bien et buvant du vin rouge. Il a trente-neuf ans, et il est rentier et il vit sur Park Avenue dans un six-pièces classique. Il réfléchissait à ce que j’appelle le tournant de la mi-trentaine.

« Quand tu es un jeune mec dans la vingtaine ou au début de la trentaine, les femmes contrôlent les relations, expliquait Roger. Quand tu deviens un célibataire à la fin de la trentaine, tu te sens comme dévoré par les femmes. » En d’autres mots, soudainement le mec a tous les pouvoirs. Cela peut se faire d’un jour à l’autre.

Roger raconte qu’il a été à un cocktail plus tôt dans la soirée, et, quand il est entré, il y avait sept femmes célibataires à la fin de la trentaine, toutes des blondes de l’Upper East Side, habillées de robes du soir noires, et toutes plus spirituelles les unes que les autres. « Tu sais qu’il n’y a rien de mal que tu puisses en dire, dit Roger. Pour les femmes, c’est du désespoir combiné avec leur potentiel sexuel maximum. C’est une combinaison très volatile. Tu vois ce regard dans leurs yeux – possession à tout prix mélangé à un bon respect pour le liquide – et tu sens qu’elles vont te LexisNexiser4 dès que tu vas sortir de la pièce. Le pire c’est que la plupart des femmes sont vraiment intéressantes parce qu’elles ne se sont pas juste mariées. Mais quand un homme voit ce regard dans leurs yeux… comment peut-il se sentir plein de passion ? »

Revenons à Peter, qui s’est pris de frénésie pour Alec Baldwin. « Le problème ce sont les attentes. Les femmes plus vieilles ne veulent pas s’établir avec ce qu’il reste. Elles ne peuvent pas trouver de mec qui soit cool et vital pour elles, alors elles disent merde… je préfère être seule. Non, je ne suis pas triste pour des gens qui ont des attentes qu’ils ne peuvent satisfaire. Je me sens triste pour les losers que ces femmes ne regardent pas. Ce qu’elles veulent vraiment c’est Alec Baldwin. Il n’y a pas une femme à New York qui n’a pas repoussé dix charmants et adorables mecs parce qu’ils étaient trop gros ou n’avaient pas assez de charisme ou n’étaient pas assez riches ou indifférents. Mais ces mecs sexy que les femmes attendent ne sont intéressés que par des filles qui ont la vingtaine. »

À ce moment-là, Peter hurlait presque. « Pourquoi ces femmes n’épousent pas un gros ? Pourquoi n’épousent-elles pas un bon gros lard ? »


Bons amis, mauvais maris


J’ai posé cette même question à Charlotte, une journaliste anglaise. « Je vais te dire, dit-elle. Je suis sortie avec certains de ces gars – ceux qui sont petits, gros et laids – et cela ne fait aucune différence. Ils sont aussi indifférents et égocentriques que ceux qui sont beaux.

Quand tu arrives à trente-cinq ans et que tu n’es pas mariée, tu te dis : pourquoi devrais-je me poser ? » dit Charlotte. Elle dit qu’elle vient juste de refuser un rendez-vous avec un beau banquier célibataire, récemment divorcé, quarante-deux ans, parce que son incommunicable était trop petit. « Grand comme l’index », soupira-t-elle.

Puis Sarah me bipa. Elle venait juste d’avoir l’argent pour son premier film indépendant, et elle était extasiée. « Les femmes ne sont pas capables de se marier ? C’est si mesquin, je ne peux même pas y penser. Si tu veux avoir ces mecs, il faut la fermer. Il fat s’asseoir et la fermer et être d’accord avec tout ce qu’ils disent. »

Heureusement, mon amie Amalita m’appela et m’expliqua tout. M’expliqua pourquoi les femmes géniales sont souvent seules, et pas heureuses, mais pas vraiment désespérées non plus. « Oh chérie », roucoula-t-elle dans le téléphone. Elle était de bonne humeur parce qu’elle avait fait l’amour la veille, avec un étudiant en droit de vingt-quatre ans. « Tout le monde sait que les hommes à New York font de bons amis et de mauvais maris. En Afrique du Sud, d’où je viens, nous avons cette expression : mieux vaut être seule que mal accompagnée. »


1 Edith Warthon, 1862-1937, est un écrivain américain. Elle s’est attachée à dépeindre la haute société américaine, ses principes, ses mœurs et sa morale conventionnelle.

2 Mary Tyler Moore, actrice et productrice, héroïne du sit-com The Mary Tyler Moore show.

3 Diane Sawyer, journaliste, présentatrice vedette d’ABCNews.

4 LexisNexis est une base de données qui regroupe la plupart des revues, des informations économiques, biographiques et juridiques.

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samedi 03 septembre

Le révolution de nounours est en marche

Chers amis

Depuis plusieurs semaines, un homme mène un combat ignoré de tous. Amis de NOUNOURS-NE-ME-MANGE-PAS, continuez le combats contre les fourbes floppys qui ne ratent aucune occasion de faire souffrir les nounours et d'empoisonner la population.

Le combat se fait ici !

HASTA LA VICTORIA !

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mardi 21 juin

Circé

« Du temps que j'étais belle et bien un peu puérile, je transformais les hommes en animaux. Oh combien de marins, combien d'imbéciles j'ai changés en pourceaux ! J'avais de la malice, jetant mes maléfices aux compagnons d'Ulysse. Mon ombre parle encore de légendes anciennes. »

« Mais le temps a passé et j'ai jeté mes dopes, mes poudres, mes potions, mes sortilèges. Il y a longtemps qu'Ulysse a rejoint Pénélope, entre autres sacrilèges. »

Quand mon aimé est parti, après des mois de désir inassouvi, en me trompant lâchement, j'ai regardé longtemps son radeau disparaître. Sa voile rouge, faite de ma plus belle robe, parfumait la haute mer. Sans un regard il est parti. Je fis alors disparaître mon logis et mon île des yeux des hommes. M'enfermant dans la caverne où j'avais passé tant de temps à regarder Odysséus attaché en face de mon lit. J'ai tout fait pour lui faire boire ma coupe de plaisir. Je sais, j'ai vu à quel point il me désirait, combien la luxure frappait ses tempes. Mais jamais il n'accepta les conditions de sa liberté. Jamais il ne laissa faire mes charmes et mes connaissances. Que je lui apparaisse sous les traits d'Hélène ou de Vénus, sous ceux de jeunes vierges, sous ceux de prostituées expérimentés, sous ceux même de Pénélope, il ne voulu se donner à mon désir.

Je préférais m'étendre face à la paroi rocailleuse. Mes eunuques allèrent me chercher tous les porcs, tous les hommes que j'avais transformés. Je les regardait longtemps avant de prendre ma décision. Puis je leur rendais leur apparence. À tous. Je laissais leur volonté en ma possession. Et j'ai passé des années à l'oublier, dans les bras innombrables de mes protégés. Cachée dans les replis du temps, je suis restée des années à aimer, à étreindre, à embrasser, à dominer. Des siècles ont passé au dehors avant que je me lasse d'eux. Mais si mon désir se satisfaisait de leur volupté, la douleur sous mes voiles ne tarissait pas. Je décidais donc de les laisser aller, leur rendant leur liberté. Il en perdirent vite la raison.

Je partis donc découvrir le monde tel qu'il était alors... Découvrir les hommes d'aujourd'hui. Découvrir l'Athène d'aujourd'hui. Voir si celle-ci aussi s'est créé sa Troie. Trouver le marin de ma modernité.

« Je vais de port en port voir si je trouve encore un homme dans chaque porc, constatant que personne, dans ce monde en déglingue, ne met plus de magie au fond de sa seringue. Quand ce n'est qu'en goret que je les transformais, les voici désormais enivrés par le fric, le pouvoir, les combines, changés en charognards, en vautours, en vermine. »

J'ai établi mon antre dans un port d'une des ces villes crasseuses qui s'étendent au bord d'un océan. Dans un sous-sol j'ai recréé un boudoir comme il n'en existe plus. Et pour sortir je m'enveloppe encore des voiles rouges et dorés que je portais du temps de Socrate. Je suis la seule ici à me vêtir ici. Les gens ne voient que ça. Les hommes ne peuvent me quitter des yeux. Peu d'entre eux cependant peuvent se payer mes faveurs. Car c'est comme prostituée que je suis connue ici. Ces idiots sont assez sensibles à leurs hormones pour ne pas interdire ce commerce. Je n'ai pas besoin de gagner ma vie. J'aime me repaître de leur désir salace. J'aime voir dans leurs yeux la stupéfaction de faire l'amour avec une déesse. J'aime voir la raison les quitter. Ces porcs.

Ce soir-là j'étais assise dans la taverne où les hommes savent me trouver. Je me suis assise au fond, dans le noir. La salle est remplie de dockers et de marins au teint buriné. Tous me connaissent. Tous me désirent. Rares sont ceux qui m'ont connue. Le prix de la folie représente plus qu'ils ne peuvent gagner en plusieurs années. Ils m'ennuient d'ailleurs. Je cache mon visage derrière un voile pour être en paix. Un homme inconnu entre. Il est plus grand que les autres. Son visage est dur et ses mains pleines de force. Il s'adresse à quelques marins. L'un d'entre eux, rongé par la jalousie mais attiré par les billets qu'il lui tend, me montre du doigt. L'homme se tourne vers moi. Son visage est calme. Un lent sourire apparaît. Il s'avance, décidé. Son regard me plaît. Il n'est pas envieux. Il est amusé.

[En mission, je rentre dans un bourbier à la recherche de mon « contact ». Puis je la vois, elle, cachée, visage caché derrière un léger voile ne laissant apparaître que ces yeux.
Plus de mission, plus de contact, rien que ces yeux dans les miens, rien d'autre, n'importe maintenant.
Sublime vision, je la sens sulfureuse, envieuse, amusante, amusée, prêt à tout je la suivrai. À partir de ce moment je compris que rien ne serai pareil.
En un regard je laisse tout tomber. Je veut me laisser bercer par sa sublime beauté, doucement rêver à nos corps enlacés dans des étreintes animales, plonger, toucher, effleurer, transpirer, respirer, soupirer puis crier, voire même hurlez de plaisir.

De plus en plus prêt j'effleure sa main, elle ne dit rien, moi non plus, nos regards plongés l'un dans l'autre. Je l'attrape, elle se lève et me suis. Au revoir bourbier, au revoir ancienne vie. Je l'amène sans un mot, sans un bruit, à l'aube d'une nouvelle ère, impure, certainement... qu'importe...

J'ai tout lâché, tout laissé derrière moi, tu me suis mais je ne sais où aller... Je suis perdu, j'ai tout oublié... qui je suis ... qui j'étais ... qui je serai ... peut importe, nous courons dans les rues glauques de ce port remplis de porcs. La pluie battante sur ses cheveux déjà trempés, je stoppe, je m'arrête, j'ôte ma veste et lui passe sur la tête.
Enfin les mots sortent : « s'il te plaît, guide moi ! »]

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vendredi 08 avril

Studio

j'aime bien me sentir un peu bizarre des fois
j'aime, après avoir lu quelque chose d'émouvant, sur un fond sonore très bruyant, penser à toi
j'aime le pincement dans mon ventre quand je me souviens de toi
j'aime sortir le nez de mon bouquin et me dire que ce que je vis, c'est pareil, c'est une vie
j'aime me dire que je t'ai, toi

Posté par Melie à 19:23 - Melie - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

jeudi 10 mars

Hier

9h45 dans le bus

Quand je me réveille, je sais que tu n'es pas là

Mais je souris du souvenir de ce week-end

Ligne 95, carrousel du Louvre

Le souvenir de ta langue me hante

Le livre sur les genoux

« Il s'allonge, tout doux, sur mon corps et je laisse son corps pénétrer le mien. »

Rue Jacob, je tressaille

Tu me manques

11h53

Un câlin dans tes bras serait le bienvenu

14h sur msn

Tu es bien peu bavard mais je tremble de penser à toi

Toutes ces envies qui mes tourmentent

Tout ce besoin de toi

La tendresse que je sens dans tes yeux

Ça me fait mal de ne pouvoir le vivre pleinement

Et pourtant

Je suis heureuse

16h24 Herman Melville

Tes doigts glissent sur mes reins

Tes lèvres sur mes lèvres

J'aimerai avoir ta fièvre

Délirer

T'aimer

M'évanouir en fumée dans tes bras

Crisser comme le verre de plaisir

17h10 Melville, Herman

Envie folle de te montrer comment je suis habillée aujourd'hui

Robe en velours noir

Col mao, broderie blanche

Sous-pull col roulé

Jean déchiré

Tennis

Chignon avec une rose noire

Boucles d'oreille en porcelaine bleue

Maquillage blanc

Manque tes mains sur mes hanches

18h éteindre

Maintenant, chacun de mes pas me rapproche

De ton image

De ta voix

Mais pas de toi

20h te voir

Et m'expliquer

Revivre à reculons

Me sentir défaillir

L'envie de pleurer

Tellement je suis seule

22h30 les draps

Seule encore

Heureuse de l'avenir  proche

Te cherchant dans le lit

9 mars 2005

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mardi 15 février

Arrête

à la une, le soleil brille
nous sommes dans un beau pays

à la deux, coup de foudre

c'est un phénomène rare par temps ensoleillé

à la trois, la nuit tombe

elle est, suivant les hémisphères, froide et glacée ou chaude et fiévreuse

à la quatre, le vent souffle

il faut attendre

à la cinq, la pluie vient

on ne comprend pas bien mais c'est plein de mots

à la six, le déluge

on est toujours surpris

à la sept, les nuages n'arrivent pas

pourtant on les dit porteur de nouvelles

à la huit...

est-ce la fin du monde ?


à la une, il faisait beau

enfin, tu ne crois pas ?

à la deux, il n'a pas voulu

mais il l'a dit

à la trois, j'ai un problème

ce n'est pas lui

à la quatre, la nuit porte conseil

même quand elle est mauvaise

à la cinq, j'en oublie les convenances

mais je n'ai plus peur

à la six, je ne l'ai pas voulu

mais je l'ai dit

à la sept, le facteur n'est pas passé

la culpabilité non plus

à la huit...

les amants se séparent-ils ?

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lundi 10 janvier

Tonnerre de Brest !

Les petits oiseaux courent, courent, courent,

Sur la jetée devant nous

Mon coeur tangue, tangue, tangue,

Comme le sol sous mes pieds

Un goût de sel sur tes lèvres

Un air d'iode dans mes cheveux


Le train roule, roule, roule,

Je ne sais plus dans quel sens

Mon âme rêve, rêve, rêve,

Ton odeur qui s'accroche à ma peau

Une redécouverte de notre plaisir

Un autre toi, une autre moi


J'y pense encore, j'y pense toujours

Tes mains qui m'ensorcellent

Tapotant sur ma peau

Les mots que tu m'écrivais il y a peu

La tour de guet, les rocailles

Les pierres, les pardons


Quelque part, la lumière a grandi

Aujourd'hui

Je t'envisage

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lundi 03 janvier

131 quai de Valmy

Dans la boite contre mon ventre,

Je sens la bouteille qui fait toc toc toc

Elle est bien légère cette canope

Mais son poids m'empêche de respirer

Les gens me regardent bizarrement

Je dois avoir une tête

Une tête d'enterrement


L'eau noire clapote sur le quai

Les lampadaires diffusent une lumière jaunâtre

Un chien me fait sursauter en aboyant du trottoir

J'accroche la ficelle à la boite

Et doucement je la descend

Elle flotte.

L'eau noire la lèche avec dégoût


Je te regarde partir

Dans l'eau noire

Sous le ciel noir

Devant mes larmes noires


Je me sens bien

Les lumières m'éblouissent un peu

Plus tard mon corps rejettera

La mort et l'absence

Contre un mur de Saturne

Mangeur d'enfants


131 quai de Valmy

Sur une dalle j'ai marqué ton nom


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lundi 05 juillet

Sur le répondeur

L'autre jour, j'ai vu tes yeux étoilés
Et tes dents blanches
Tes cheveux un peu plus longs de notre rupture
Tes mains aux ongles coupés
Et ta voix qui a coulé sur moi
J'y ai vu la beauté de mon amour
J'y ai vu la solitude de ta tristesse
J'y ai vu le lien
Ta main douce sur ma joue
Qui me rappelle ta tendresse
Tes lèvres dans mon cou
Pour me dire ta volupté
Tes doigts qui serrent les miens
Qui me rappellent le soleil du 30
Celui qui m'a remplie de force
Et tout l'espoir
Aujourd'hui je te le donne
Cette beauté que j'ai créée en moi
Elle est pour toi
Je te l'offre
Avec toutes les larmes de joie
Toutes celles que j'ai pleurées
Toutes celles que je pleure
Et les autres
Car ton amour, je le sais, est là
Tu me l'as montré
Et sous la flamme de ton cadeau
Il brûle gentiment
Il brûle dans ma vie
Le Sénégal à côté de l'Ecosse
Ton amour dans le mien
Ton amour, c'est ma joie
Ma seule peur aujourd'hui
C'est que même si je te crie mon amour sous un pont
Tu refuses maintenant d'y voir la même chose

Posté par Melie à 14:04 - Melie - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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