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Création textuelle et graphique, à quatre mains.

vendredi 12 janvier

The Princess Bride - Introduction à l'édition du 25e anniversaire

C’est toujours mon livre préféré de tous les livres du monde.

Et plus que jamais, je souhaiterais l’avoir écrit. Quelques fois j’aime rêver que je l’ai fait, que moi j’ai imaginé Fezzik (mon personnage préféré), que mon  imagination a invoqué la scène de l’iocane, la bataille d’intelligences à mort qui suit.

Hélas, Morgenstern a tout inventé, et je dois me contenter du fait que mon abrègement (bien que descendu par tous les experts florins alors en 1973 – les critiques dans les journaux érudits m’ont blessé ; dans ma carrière d’écrivain, seul Boys and Girls Together eut une pire curée) a au moins apporté Morgenstern à un plus large public américain.

Qu’est-ce qui est plus fort que la mémoire de notre enfance ? Rien, au moins pour moi. J’ai toujours le rêve récurrent de mon pauvre et triste père lisant le livre à voix haute – seulement dans le rêve il n’est pas pauvre ni triste ; il a une vie merveilleuse, une vie à la hauteur de sa dignité, et alors qu’il lit, son anglais, si douloureux en vérité, est splendide. Et il est heureux. Et ma mère est si fière…

Mais le film est la raison pour laquelle nous sommes de nouveau ensemble. Je doute que mes éditeurs aient bondi sur cette édition s’il n’y avait pas eu le film. Si vous lisez ceci, je vous parie une fortune contre des cacahuètes que vous avez vu le film. Ce fut un modeste succès quand il est arrivé la première fois dans les cinémas, mais le bouche-à-oreille l’a rattrapé quand la cassette vidéo est sortie. Ce fut un gros tube dans les magasins de vidéo alors, ça l’est toujours. Si vous avez des enfants, vous l’avez probablement vu avec eux. Robin Wright dans le rôle titre commença sa carrière comme Bouton d’Or, et je suis sûr que nous sommes tous de nouveau tombés amoureux d’elle dans Forrest Gump. (Personnellement, je pense qu’elle était la principale raison de ce phénomène. Elle était si mignonne et chaleureuse, on mourait tous d’envie que le pauvre débile de Tom Hanks vive heureux avec quelqu’un comme ça.)

La plupart d’entre nous aime les histoires de cinéma. Peut-être quand Broadway dominait le terrain, les gens aimaient les histoires de théâtre, je ne pense pas que ça soit encore le cas. Je parie que personne ne supplie Julia Louis-Dreyfus de raconter comment c’était de tourner l’épisode 89 de Seinfeld. Et des histoires de romanciers ? Pouvez-vous vous imaginer coinçant Dostoïevski et le supplier de vous raconter des trucs marrants sur L’Idiot ?

De toutes façons, il y a quelques souvenirs de tournage concernant The Princess Bride que je pense que vous ne connaissez pas.

J’avais pris un peu de temps sur l’écriture du scénario de The Stepford Wives  pour abréger le Morgenstern. Et puis quelqu’un à la Fox en entendit parler, mit la main sur une copie manuscrite du livre, l’apprécia, eut l’intention d’en sortir un film. C’est du début de 1973 dont nous parlons. Le « quelqu’un » à la Fox était leur Greenlight Guy[1]. (Indiqué GG dans la suite.)

Vous pouvez lire dans des magazines comme Première et Entertainment Weekly ou Vanity Fair des listes sans fin des « 100 personnalités les plus puissantes » du cinéma. Ces divers idiots ont tous des titres : Vice-Président en charge de ceci, Directeur en charge de cela, etc.

La vérité : ce sont tous des épouvantails.

Une seule personne par studio a quoi que ce soit qui ressemble à du pouvoir, et c’est le GG. Le GG, voyez-vous, peut faire qu’un film existe. Il (ou elle) est celle qui lâche les cinquante millions – si votre film a pour but d’aller au Festival de Sundance. Triple s’il y a des effets spéciaux.

Enfin, le GG à la Fox apprécia The Princess Bride.

Problème : il n’était pas sûr que ça soit un film. Alors nous avons trouvé un arrangement particulier – ils achetaient le livre, mais ils n’achèteraient pas le scénario à moins qu’ils ne décident de se lancer. En d’autres mots, nous avons tous les deux gagnés la moitié du gâteau. Alors même si j’étais fatigué d’avoir finit l’abrègement, j’ai continué sur les nerfs et j’ai fait le scénario immédiatement après.

Mon très grand agent, Evarts Ziegler, vint en ville. Ziegler est celui qui a orchestré le contrat de Butch Cassidy, qui, avec The Temple of Gold, mon premier roman, a plus changé ma vie que n’importe quoi d’autre. Nous sommes aller déjeuner à Lutèce, nous avons bavardé, apprécié notre compagnie, nous sommes séparés, moi vers mon bureau dans le Upper Est Side dans un immeuble qui a une piscine. J’avais l’habitude de nager tous les jours parce que j’avais un très mauvais dos alors, et nager aidait les choses. Je m’avançais vers la piscine quand j’ai réalisé ceci : je ne voulais pas nager.

Je ne voulais rien faire d’autre que rentrer à la maison vite. Parce que je tremblais terriblement. Je suis rentré à la maison, je me suis mis au lit, les tremblements remplacés par le feu. Helen, ma femme super-psy, rentra du travail, me jeta un regard, m’amena à l’hôpital de New York.

Toutes sortes de médecins entrèrent – tout le monde savait qu’il y avait quelque chose de terriblement grave, personne ne devinait ce que cela pouvait être.

Je me suis réveillé à quatre heures du matin. Et je savais ce qui n’allait pas. D’une façon ou d’un autre, la terrible pneumonie qui m’avait presque tué quand j’avais dix ans – la raison pour laquelle mon père me lut The Princess Bride en premier lieu était de me faire passer ces affreux premiers jours après l’hôpital – eh bien, cette pneumonie était revenue pour finir le travail.

Et à ce moment-là, dans cet hôpital (et, oui, je m’attends à ce que cela vous semble dingue) alors que je me réveillais en pleine douleur et en plein délire, d’une certaine façon je savais que si je vivais, je devais retourner à cet endroit quand j’étais enfant. J’ai commencé à crier pour que vienne l’infirmière de nuit…

… parce que d’une certaine façon ma vie et The Princess Bride étaient liés pour toujours.

L’infirmière de nuit entra et je lui ai dit de me lire le Morgenstern.

« Le quoi, M. Goldman ? dit-elle.

- Commencez par le Zoo de la Mort, » lui dis-je. Puis j’ai dit : « Non, non, oubliez ça, commencez par les Falaises de la Démence. »

Elle me regarda de près, hocha la tête, dit : « Oh, bien, c’est exactement par là que je commencerai, mais j’ai laissé mon Morgenstern sur le bureau, je vais le chercher. »

La première chose que je me rappelle ensuite, Helen entra. Et plusieurs autres médecins. « Je suis allée à ton bureau, je pense que j’ai pris les bonnes pages. Alors qu’est-ce que tu veux que je te lise ?

- Je ne veux pas que toi tu me lises quoi que ce soit. Helen, tu n’as jamais aimé le livre, tu ne veux pas me le lire, tu te moques juste de moi, et de plus il n’y a pas de rôle pour toi…

- Je pourrais être Bouton d’Or…

- Oh, allez, elle a vingt-et-un an…

- Est-ce que c’est un scénario ? dit alors ce beau docteur. J’ai toujours voulu être une star du cinéma.

- Vous, faites l’homme en noir, » lui dis-je. Puis j’ai pointé le gros docteur à la porte. « Essayez Fezzik. »

C’est ainsi que j’ai entendu pour la première fois le scénario. Ces toubibs et ma femme de génie se débattant avec au milieu de la nuit pendant que je me gelais et suais et que la fièvre faisait rage en moi.

Je m’évanouis après un petit moment. Et je me souviens d’avoir pensé à la fin que le gros docteur n’était pas mal et que Helen, pas à sa place et tout, était une Bouton d’Or ok, et alors peu importe que le beau docteur soit emprunté, j’allais vivre.

Eh bien, c’était le début de la vie du scénario.

Le GG à la Fox l’envoya à Richard Lester à Londres – Lester dirigea, entre autres, A Hard Day’s Night, le fantastique premier film des Beatles – et nous nous sommes rencontrés, nous avons travaillé, résolu les problèmes. Le GG était excité, nous étions en plein

… puis il fut viré, et un nouveau GG arriva pour le remplacer.

Voici ce qui arrive Là-Bas quand cela arrive : on enlève ses galons à l’ancien GG et sa capacité à entrer cher Morton les lundis soirs et il part, très riche – il avait un contrat pour cette éventualité – mais disgracié.

Et le nouveau GG prend le trône avec une seule règle fermement écrite dans la pierre : rien de ce que son prédécesseur avait commencé ne doit se faire. Pourquoi ? Disons que ça se réalise. Disons que c’est un succès. Qui en retire la gloire ? L’ancien GG. Et quand le nouveau GG, qui peut maintenant aller chez Morton les lundis soirs, doit s’exposer à la critique là-bas, il sait que tous ses pairs ricanent : « Ce trou du cul, ce n’était pas son film. »

La mort.

Alors The Princess Bride fut enterré, possiblement pour toujours.

Et j’ai réalisé que j’avais laissé le contrôle m’échapper. La Fox avait le livre. Alors peu importe que j’ai le scénario ; ils pouvaient en commander un autre. Ils pouvaient changer tout ce qu’ils voulaient. Alors j’ai fait quelque chose dont je suis vraiment fier. J’ai racheté le livre au studio, avec mon propre argent. Je pense qu’ils suspectaient que j’avais un contrat ou un plan, mais non. Je ne voulait simplement pas qu’un idiot détruise ce qu,e j’étais arrivé à réaliser, était la chose la plus important dans laquelle j’allais être impliqué.

Après un bon bout de négociation, il était à moi de nouveau. J’étais le seul idiot qui pouvait le détruire maintenant.

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J’ai lu récemment que le très bon roman de Jack Finney Le Voyage de Simon Morley[2] a pris près de vingt ans et n’est toujours pas arrivé sur les écrans. The Princess Bride n’a pas été si long, mais pas tellement moins non plus. Je ne garde pas de notes, alors tout ceci est de mémoire. Comprenez bien, pour faire un film, il faut deux choses : de la passion et de l’argent. Beaucoup de gens, comme cela s’est trouvé, adoraient The Princess Bride. Je connais au moins deux GG différents qui en étaient fous. Qui me serrèrent la main pour le contrat. Qui voulaient le faire plus que tout autre film.

Qui furent tous les deux virés le week-end avant qu’ils ne mettent les choses en route. Un studio (un petit) ferma même le week-end avant qu’ils ne mettent les choses en route. Le scénario commença  avoir une certaine réputation – un article le lista parmi les meilleurs qui n’ont jamais été tournés.

La vérité c’est que, après une décennie ou plus, je pensais que cela n’arriverait jamais. Chaque fois qu’il y avait un intérêt, je continuais à attendre qu’un pied vienne taper dedans – et cela arrivait toujours. Mais, sans que je le sache, des évènements avaient démarrés une décennie plus tôt qui seraient finalement mon salut.

Quand Butch Cassidy et le Kid fut fait, je sortis du business du film pendant un moment. (Nous sommes de retour à la fin des années 1960 maintenant.) Je voulais essayer quelque chose que je n’avais jamais fait, du non fictionnel.

J’ai écrit un livre sur Broadway intitulé The Season. Dans le courant de l’année je suis allé au théâtre des centaines de fois, à la fois à New York et ailleurs, j’ai tout vu au moins une fois. Mais le spectacle que j’ai le plus vu fut la terrible comédie intitulée Something Different, écrite par Carl Reiner[3].

Reiner me fut terriblement d’une grande aide, et je l’aimais beaucoup. Quand The Season fut fini je lui envoyai une copie. Quelques années plus tard, quand The Princess Bride fut fini, je lui envoyai le roman. Et un jour il le donna à son plus grand fils. « Voici quelque chose, dit-il à son garçon Robert[4]. Je pense que tu vas aimer. »

Rob était alors à une décennie de commencer sa carrière de réalisateur, mais en 1985 nous nous sommes rencontrés, et Norman Lear[5] (qu’il soit béni) nous donna l’argent pour continuer le film.

Gardons l’espoir.

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Nous eûmes notre première lecture de script dans un hôtel à Londres au printemps 1986. Rob était là, comme son producteur Andy Scheinman. Cary Elwes et Robin Wright, Bouton d’Or et Westley, étaient là. Et il y avait aussi Chris Sarandon et Chris Guest, les vilains prince Humperdinck et comte Rugen, et Wally Shawn, le génie du mal Vizzini. Mandy Patinkin, qui jouait Inigo, était bien là. Et assis de son côté, silencieusement – il essayait toujours de s’asseoir silencieusement – il y avait André le Géant qui était Fezzik.

Pas n’importe qu’elle réunion.

Assis avec délice dans un coin, il y avait moi[6]. Deux personnalités majeures du business du cinéma de mon temps – Elia Kazan[7] et George Roy Hill[8] – m’ont dit la même chose en entretien : au moment de la première lecture par l’équipe, le plus important du travail est fait. Si vous avez fait un script qui marche et avez trouvé les bons acteurs, alors vous avez une chance d’avoir quelque chose de qualité. Mais sinon, peu importe la qualité du reste du processus ; vous êtes mort noyé.

Cela semble probablement de la folie pour non initiés, et c’est normal, mais c’est tout à fait vrai. La raison pour laquelle cela semble de la folie est celle-ci : le magazine Première n’est pas dans le coin quand le script est préparé. Entertainment Tonight n’est pas dans le coin pour le casting. Ils sont seulement dans le coin pendant le tournage, ce qui la partie la moins importante de la réalisation d’un film. Souvenez-vous de ceci : le tournage c’est juste l’usine qui assemble la voiture.

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A. R. Roussimoff fut notre plus gros pari ce matin de répétition. Sous le nom d’André le Géant, il était le lutteur le plus connu du monde. J’étais convaincu que s’il devait jamais y avoir un film, il devait être Fezzik, l’homme le plus fort.

Rob pensait aussi qu’André pourrait être bon pour le rôle. Le problème était que personne ne pouvait le trouver. Il luttait 330 jours par an, toujours en voyage.

Alors nous avons continué en essayant de trouver quelqu’un d’autre. Le plus étrange casting que j’ai jamais vu. Ces gros gars entraient – nous parlons immense ici – mais ce n’était pas de géants. Occasionnellement nous trouvions un géant – mais soit il ne pouvait pas jouer, soit il était maigre, et un géant maigre n’était pas du tout ce dont nous avions besoin.

Toujours pas d’André.

Un jour Rob et Andy était en Florin pour faire une dernière reconnaissance des lieux quand un appel est arrivé – André serait à Paris l’après-midi suivante. Ils volèrent à sa rencontre. Pas facile puisque Florineville n’a aucune ligne directe vers aucune des capitales d’Europe. Sans parler que leurs horaires dépendent du nombre de passagers – tous les vols de Florin Air sont complets parce qu’ils attendent qu’ils le soient avant de décoller. Ils autorisent même les gens à s’asseoir dans les ailes. (Je n’ai vu ça moi-même qu’une seule fois, en Russie, une excursion cauchemardesque de Tbilissi à Saint-Pétersbourg.) Finalement, Rob et Andy durent affréter un minuscule avion à hélice pour être au rendez-vous. Ils allèrent au Ritz, où le portier leur dit, d’une voix étrange : « Il y a un homme qui vous attend au bar. »

André, pour moi, était comme le Pentagone – peu importe à quel point on vous dit qu’il est grand, quand vous vous approchez, c’est encore plus grand.

André était encore plus grand.

Ses mensurations enregistrées étaient de 250 kg, 2,28 m. Mais il n’était pas sûr et il ne passait pas beaucoup de temps à s’agiter sur la balance tous les matins. Il a été malade un jour, m’a-t-il raconté, et il a perdu 45 kg en trois semaines. Mais en dehors de ça il ne parlait jamais de ses mensurations.

Ils papotèrent au bar, ils montèrent dans la chambre de Rob où ils étudièrent le script. Deux choses étaient claires : André avait un très embêtant accent français et, pire, sa voix venait du sous-sol.

Rob paria et lui donna le rôle. Il enregistra aussi le rôle d’André sur cassette pour lui – ligne par ligne, heureusement avec le ton – pour qu’André puisse le prendre avec lui sur la route et l’étudier dans les mois précédents les répétitions.

La répétition ce matin londonien fut intentionnellement légère : deux lectures du script, quelques commentaires. C’était une belle après-midi quand nous nous arrêtèrent pour déjeuner, et nous trouvèrent un bistro à côté avec une terrasse. C’était parfait en dehors du fait que la chaise était bien trop petite pour André – la largeur était pour les gens normaux, les accoudoirs étaient trop rapprochés. Il y avait une table à l’intérieur avec un banc, et quelqu’un suggéra que de manger là. Mais André ne voulait pas en entendre parler. Alors nous nous sommes assis dehors. Je peux encore le voir tordre les accoudoirs en métal vers l’extérieur, se glisser dedans, puis regarder les accoudoirs se remettre en place pour lui entrer dans les côtes le reste du repas. Il mangeât très peu. Et les couverts étaient comme des jouets de bébé, rapetissés par ses mains.

Après le déjeuner nous répétâmes encore, en jouant les scènes cette fois-ci, et André travaillait avec notre Inigo, Mandy Patinkin. André avait clairement étudié les cassettes de Rob – mais c’était indéniable que sa lecture était lente, avec plus qu’un petit air de par cœur.

Ils étaient en train de faire la scène après leurs retrouvailles. Mandy essayait d’avoir des informations d’André et André lui donnait une de ses lentes lectures apprises par cœur. Mandy en Inigo essaya de faire aller Fezzik plus vite. André lui donna une autre de ses lentes réponses. Ils revinrent en arrière et essayèrent encore et encore. Mandy en Inigo demanda à André en Fezzik d’aller plus vite – et André revint avec la même vitesse qu’avant…

… et c’est à ce moment que Mandy dit : « Plus vite, Fezzik ! » Et sans prévenir il frappa le Géant au visage.

Je peux encore voir les yeux d’André s’écarquiller. Je ne pense pas qu’il ait été giflé en dehors du ring depuis qu’il était un petit garçon. Il regarda Mandy… et il y eut une courte pause. Un silence de mort emplit la pièce.

Et puis André commença à parler plus vite. Il sauta sur l’occasion, donnant plus de rythme et d’énergie. On pouvait presque le voir penser : « Oh, voilà comment ça se passe en dehors du ring, essayons un peu. » En vérité, cette gifle fut le début de la période la plus heureuse de sa vie.

Ce fut un moment merveilleux pour moi aussi. Après la décennie et plus à attendre, le livre le plus important de ma jeunesse venait à la vie devant mes yeux. Quand il fut finit et que je le vis pour la première fois, j’ai réalisé que, dans toute ma carrière, je n’ai vraiment aimé que deux des films dans lesquels j’ai été impliqué : Butch Cassidy et le Kid et The Princess Bride.

Mais le film a fait tellement plus que me plaire. Il a ramené le livre à la vie. J’ai commencé à nouveau à recevoir ces merveilleuses lettres. J’en ai reçue une aujourd’hui – parole de scout – d’un type de L.A. qui a été plaqué par sa Bouton d’Or et, après une décennie de séparation, a entendu dire qu’elle avait des problèmes. Alors il lui a envoyé une copie du roman et, eh bien, visiblement ils sont de nouveau ensemble. Vous ne pensez pas que c’est merveilleux – spécialement pour quelqu’un comme moi qui ai passé ma vie dans ma grotte à écrire – de toucher un autre humain ? Ça ne peut pas être mieux.

Bien sûr, avec les bonnes choses, j’ai des regrets. Je suis désolé des problèmes légaux avec la propriété Morgenstern, dont je parlerai plus tard. Je suis désolé qu’Helen et moi ayons fait pffft. (Ce n’ai pas que nous ne savions pas tous les deux que ça allait arriver – mais devait-elle partir le jour même de la sortie du film à New York ?) Et je suis vraiment désolé que les Falaises de la Démence soient maintenant devenues la plus grosse attraction touristique de Florin, faisant un enfer de la vie de ses gardes forestiers.

Mais c’est la vie sur terre, on ne peut pas tout avoir.


[1] Le Greenlight Guy, ou l’homme feu vert, est la personne qui donne son accord pour financer un film, compte tenu du budget proposé. Je n’ai pas trouvé d’équivalent français. NDTL.

[2] Time and Again. NDLT.

[3] Carl Reiner est un acteur, scénariste et réalisateur à succès. Il a, entre autres, écrit et réalisé Les cadavres ne portent pas de costard (Dead Men Don't Wear Plaid) et il a joué dans Ocean’s eleven, Ocean’s twelve et Ocean’s thirteen. NDLT.

[4] Rob Reiner, acteur, scénarite, réalisateur et producteur, est connu pour avoir produit et réalisé Quand Harry rencontre Sally (When Harry Met Sally) et il a joué, parmi de très nombreux films, dans En direct sur EdTV (EdTV). NDLT.

[5] Acteur, scénariste et producteur, il a été le producteur exécutif de Beignets de tomates vertes (Fried Green Tomatoes at the Whistle Stop Cafe). NDLT.

[6] En français dans le texte. NDLT.

[7] Réalisateur et metteur en scène : Un Tramway nommé désir (A Streetcar Named Desire).

[8] Scénariste, réalisateur et producteur : Butch Cassidy et le Kid (Butch Cassidy and the Sundance Kid) !

Posté par Melie à 13:31 - The Princess Bride - Commentaires [0] - Permalien [#]

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