Approximativement

Création textuelle et graphique, à quatre mains.

vendredi 20 octobre

The Princess Bride - Sept, Le Mariage

Inigo laissa Fezzik ouvrir la porte, par parce qu'il voulait se cacher derrière le géant, mais, plutôt, parce que la force du géant était nécessaire pour entrer : quelqu'un devait sortir l'épaisse porte de ses gonds, et c'était pile dans les attributions de Fezzik.

« C'est ouvert, » dit Fezzik, tournant simplement la poignée, passant la tête.

« Ouvert ? hésita Inigo. Ferme-la alors. Il doit y avoir quelque chose de pas clair. Pourquoi quelque chose d'aussi précieux que le zoo privé du Prince serait laissé ouvert ?

- Ça sent horriblement l'animal là dedans, dit Fezzik. J'ai pris une de ses bouffées.

- Laisse-moi réfléchir, dit Inigo ; je vais tenter de comprendre, » et il essaya de son mieux, mais cela n'avait aucun sens. On ne laissait pas des diamants traîner sur la table du petit déjeuner et on gardait le Zoo de la Mort fermé et verrouillé. Alors il devait y avoir une raison ; il était juste question de faire travailler sa puissance mentale et la réponse serait là. (La raison pour laquelle cette porte se trouvait ouverte était en réalité celle-ci : elle était toujours ouverte. Et la raison pour cela était en réalité celle-ci : la sécurité. Personne qui est entré par la porte principale n'en ai jamais sorti vivant. L'idée venait au départ du comte Rugen, qui avait aidé le Prince à dessiner l'endroit. Le Prince avait choisi le lieu - le coin le plus éloigné du château, loin de tout, pour que les rugissements ne dérangent pas les domestiques -, mais le Comte avait dessiné l'entrée. La véritable entrée était derrière un arbre géant, où une racine s'escamotait et révélait un escalier et on descendait jusqu'au cinquième niveau. La fausse entrée, appelée la véritable entrée, vous emmenait à travers les niveaux d'une façon normale, du premier au deuxième, du deuxième au troisième, ou, plutôt, du deuxième à la mort.)

« Oui, dit finalement Inigo.

- Tu as compris ?

- La raison pour laquelle la porte n'était pas fermée est simplement celle-ci : l'albinos l'aurait fermée, il n'aurait jamais été assez stupide pour ne pas le faire, mais, Fezzik, mon ami, nous sommes arrivés à lui avant qu'il n'arrive à elle. Clairement, une fois qu'il en aurait eu fini avec sa brouette, il aurait commencé à la fermer et à la verrouiller. Tout va bien ; tu peux arrêter de t'inquiéter ; allons-y.

- Je me sens tellement en sécurité avec toi, » dit Fezzik, et il tira la porte une seconde fois. Comme il faisait cela, il remarqua que non seulement la porte n'était pas fermée, il n'y avait même pas la place pour un verrou, et il se demanda s'il devait le signaler à Inigo, mais il décida que non, parce qu'Inigo devrait attendre et comprendre encore et ils avaient fait assez de tout ça déjà, parce que, même s'il disait se sentir en sécurité avec Inigo, en vérité il était très effrayé. Il avait entendu de drôles de choses sur cet endroit, et les lions ne l'embêtaient pas, et qui s'en faisait pour des gorilles ; cela n'était rien. C'étaient les lianes qui lui donnaient les chocottes. Et les choses glissantes. Et les dards. Et les... et les tout, décida Fezzik, pour être sincère et honnête. Les araignées et les serpents et les bêtes et les chauves-souris et ce que vous voulez – il n'aimait vraiment aucun d'eux. « Ça sent toujours les animaux, » dit-il, et il tint la porte ouverte pour Inigo, et ensemble, pas à pas, ils entrèrent dans le Zoo de la Mort, la grande porte se fermant silencieusement derrière eux.

« C'est un endroit assez bizarre, » dit Inigo, passant devant plusieurs grandes cages dans lesquelles il y avait des guépards et des colibris et d'autres choses rapides. Au bout du hall, il y avait une autre porte avec un panneau au-dessus disant : « Vers le Niveau Deux ». Ils ouvrirent cette porte et virent une volée de marches menant à pic vers le bas. « Attention, dit Inigo ; reste près de moi et garde bien ton équilibre. »

Ils commencèrent à descendre vers le deuxième niveau.

« Si je te dis quelque chose, promettras-tu de ne pas rire ou te moquer de moi ou d'être méchant ? demanda Fezzik.

- Parole, dit Inigo en hochant la tête.

- Je suis mort de peur, dit Inigo.

- Sors de ta torpeur, dit tout de suite Inigo.

- Oh, c'est une rime de choix...

- Une autre fois, » dit Inigo, faisant une autre rime, se sentant assez brillant dans tout cela, ressentant le plaisir de voir Fezzik se détendre visiblement pendant qu'ils descendaient, alors il sourit et tapa Fezzik sur sa grande épaule pour le bon gars qu'il était. Mais tout, tout au fond, l'estomac d'Inigo faisait des nœuds. Il était absolument consterné et étonné que l'homme à la force et au pouvoir illimités était mort de peur ; jusqu'à ce que Fezzik parle, Inigo était catégoriquement convaincu qu'il était le seul à être véritablement mort de peur, et le fait qu'ils l'étaient tous les deux n'augurait rien de bon si la panique arrivait. Quelqu'un devait rester intelligent, et il avait présumé qu'étant donné que Fezzik l'était si peu, il ne trouverait pas difficile du tout de le rester. Pas bon, réalisa Inigo. Bon, il devrait simplement faire de son mieux pour éviter les situations de panique et c'était tout.

L'escalier était raide, et très long, mais finalement ils en atteignirent la fin. Une autre porte. Fezzik la poussa. Elle s'ouvrit. Un autre corridor avec des cages alignées, de grosses cages solides, et dedans, de grands hippopotames aux abois et un alligator de six mètres frappant l'eau peu profonde avec colère.

« Dépêchons-nous, » dit Inigo, accélérant le pas ; «même si nous avons envie de musarder, » et il courut à moitié vers le panneau qui disait : « Vers le Troisième Niveau ». Inigo ouvrit la porte et baissa les yeux et Fezzik regarda par dessus son épaule. « Hmmm, » dit Inigo.

L'escalier était différent. Il n'était pas tout à fait aussi à pic, et il s'incurvait à mi-chemin, donc tout ce qui était en bas était hors de leur vue en haut pendant qu'ils se préparaient à descendre. Il y avait d'étranges bougies qui brûlaient hors de portée sur les murs. Les ombres qu'elles créaient étaient très longues et très fines.

« Eh bien, je suis bien content de ne pas avoir grandit dans le secteur, » dit Inigo, essayant une plaisanterie.

« Peur, » dit Fezzik, la rime sortant avant qu'il n'ait le temps de l'arrêter.

Inigo explosa. « Vraiment ! Si tu ne peux pas te contrôler, je vais te renvoyer là-haut et tu attendras là-bas tout seul.

- Ne me laisse pas ; je veux dire, ne me dis pas de te laisser. S'il te plaît, je voulais dire "beurre" ; je ne sais pas comment le p est arrivé là.

- Je perds vraiment patience avec toi ; viens, » dit Inigo, et il commença à descendre l'escalier incurvé, Fezzik le suivant, et alors que la porte se fermait derrière eux, deux chose se passèrent :

(1) La porte, de toute évidence, se verrouilla.

(2) Les bougies sur les grands murs s'éteignirent.

« N'ai pas peur ! hurla Inigo.

- Ça va, ça va ! hurla Fezzik en retour. Et alors, il réussit à dire par dessus les battements de son coeur : « Qu'allons-nous faire ?

- S-s-s-simple, dit Inigo après un instant.

- As-tu peur aussi ?demanda Fezzik dans les ténèbres.

- J'en suis... bien loin, dit Inigo avec précaution. Et juste avant, je voulait dire "facile" ; je ne sais pas comment le "s-s-s-s" est arrivé là. Écoute : on ne peut pas revenir en arrière et nous ne voulons certainement pas rester ici, alors nous devons simplement continuer à avancer comme avant que ses petites choses se passent. En bas. En bas c'est notre direction, Fezzik, mais je sens que tu est un peu nerveux à propos de tout ça, alors, parce que mon coeur est empli de bonté, je vais te laisser descendre non pas derrière moi, et pas devant moi, mais juste à côté de moi, sur la même marche, pas à pas, et passe un bras autour de mon épaule, parce que ça te fera certainement te sentir mieux, et ainsi, en sécurité, protégés, ensemble, nous allons descendre.

- Est-ce que tu vas tirer ton épée avec ta main libre ?

- Je l'ai déjà fait. Est-ce que tu vas serrer le poing avec la tienne ?

- Il est serré.

- Alors regardons le bon côté des choses : nous vivons une aventure, Fezzik, et la plupart du temps les gens vivent et meurent sans être aussi chanceux que nous. »

Ils descendirent une marche. Puis une autre. Puis deux, puis trois, comme ils avaient pris le coup.

« Pourquoi penses-tu qu'ils ont fermé la porte derrière nous ? demanda Fezzik pendant qu'ils descendaient.

- Pour ajouter du piment à notre voyage, je suppose, » répliqua Inigo. C'était certainement une des ses plus faibles réponses, mais ce qu'il avait trouvé de mieux.

« C'est là que commence le virage, » dit Fezzik, et ils ralentirent, prenant le virage serré sans trébucher, continuant à descendre. « Et ils ont éteint les bougies pour la même raison... pour épicer ?

- Certainement. Ne m'écrase pas si fort...

- Toi, ne m'écrase pas si fort... »

À ce moment là ils surent qu'ils y étaient.

Il y a, depuis de nombreuses années, une longue bataille parmi les zoologistes spécialistes de la jungle pour savoir quel serpent géant est le plus gros. Les hommes de l'anaconda trompettent toujours que le spécimen de l'Orénoque pesait bien plus de 220 kg, alors que les gens du python ne manquent jamais de répliquer en pointant le fait que le Rocher Africain trouvé au bord du Zambèze mesurait 10,50 m. La discussion, bien sûr, est idiote, puisque « gros » est un mot vague, qui n'a aucune valeur dans les discussions, si elles sont sérieuses.

Mais n'importe quel amateur de serpents admettrait, quelle que soit son école, que le Garstini arabe, bien que plus court que le python et plus léger que l'anaconda, est plus rapide et plus féroce que les deux, et le spécimen du prince Humperdinck était non seulement remarquable pour sa vitesse et son agilité, il était aussi gardé en permanence juste au bord de la périphérie de la famine, alors le premier anneau arriva comme un éclair en tombant d'au-dessus d'eux et emprisonna leurs mains ce qui fit que le poing et l'épée étaient inutiles et le second anneau emprisonna leurs bras et « Fais quelque chose... cria Inigo.

- Je ne peux pas... je suis pris... toi, fais quelque chose...

- Combats-le, Fezzik...

- Il est trop fort pour moi...

- Rien n'est trop fort pour toi... »

Le troisième anneau était là maintenant, autour des épaules, et le troisième anneau, le dernier anneau, tournait autour de la gorge, et Inigo murmura de terreur, parce qu'il pouvait entendre le souffle de la bête maintenant, il pouvait en faite sentir sa respiration : « Combats-le... je... je... »

Fezzik trembla de peur et murmura : « Pardonne-moi, Inigo.

- Oh, Fezzik... Fezzik...

- Quoi... ?

- J'avais de ces rimes pour toi...

- Quelles rimes ?... »

Silence.

Le dernier anneau s'était refermé.

« Inigo, quelles rimes ? »

Silence.

Respiration de serpent.

« Inigo, je veux connaître les rimes avant de mourir... Inigo, je veux vraiment savoir... Inigo, dis-moi les rimes, » dit Fezzik, et à ce moment-là il était vraiment frustré et, plus que ça, il était spectaculairement en colère et un bras se libéra d'un anneau et c'était un peu moins une corvée de se libérer du second anneau et cela voulait dire qu'il pouvait prendre ce bras et l'amener à l'aide du deuxième bras et maintenant il hurlait : « Tu ne vas nulle part avant que je connaisse ces rimes » et le son de sa propre voix était vraiment très impressionnant, profond et résonant, et qui était ce serpent de toute façon, qui se mettait sur le chemin de Fezzik alors qu'il y avait des rimes à apprendre, et à ce moment-là non seulement les deux bras étaient libres des trois anneaux, mais il était furieux de cette interruption et ses mains avancèrent vers la respiration du serpent, et il ne savait pas si les serpents avaient un cou ou pas, mais quoi que fut le nom qu'on donnait à cette partie qui était sous sa bouche, c'était la partie qu'il avait entre ses grandes mains et il lui donna un coup contre le mur et le serpent siffla et cracha, mais le quatrième anneau était plus lâche, alors Fezzik le frappa encore et une troisième fois et puis il ramena ses mains un peu et il commença à fouetter la bête contre les murs comme une lavandière battant une chemise contre les rochers, et quand le serpent fut mort, Inigo dit : « En fait, je n'ai pas de rime particulière à l'esprit ; je devait juste faire quelque chose pour te faire agir. »

Fezzik haletait terriblement après son travail. « Tu m'as menti, c'est ce que tu es en train de me dire. Mon seul ami de toute ma vie se trouve être un menteur. » Il commença à descendre l'escalier, Inigo trébuchant après lui.

Fezzik atteint la porte en bas et l'ouvrit et la claqua, avec Inigo qui réussit juste à se glisser à l'intérieur avant que la porte ne se fracasse.

Elle se verrouilla immédiatement.

Au bout du corridor, le panneau « Vers le Niveau Quatre » était clairement visible, et Fezzik se précipita vers lui. Inigo le suivit, se précipitant devant les empoisonneurs, les cobras cracheurs et les vipères du Gabon et, peut-être le plus rapidement mortel de tous, le charmant poisson-pierre tropical venant de l'océan près de l'Inde.

« Je m'excuse, dit Inigo. Un mensonge en trois ans, ce n'est pas une moyenne si terrible quand on considère qu'il a sauvé nos vies.

- Il y a des choses qu'on appelle des principes, » fut tout ce que Fezzik répondit, et il ouvrit la porte qui menait au quatrième niveau. « Mon père m'a fait promettre de ne jamais mentir, et pas une fois dans ma vie je n'ai été tenté, » et il commença à descendre.

« Stop ! dit Inigo. Au moins regarde où nous allons. »

C'était un escalier droit, mais complètement noir. L'ouverture à l'extrémité était invisible. « Ça ne peut pas être pire que ce par quoi nous venons de passer, » aboya Fezzik, et il descendit.

D'une certaine manière, il avait raison. Pour Inigo, les chauves-souris n'étaient pas le cauchemar ultime. Oh, il avait peur d'elles, comme tout le monde, et il courait et hurlait si elles s'approchaient ; dans sa tête, pourtant, l'enfer n'était pas infesté de chauves-souris. Mais Fezzik était un Turc, et les gens clament que la chauve-souris frugivore d'Indonésie est la plus grande du monde ; essayer de dire ça à un Turc un jour. Essayer de le dire à quiconque a entendu sa mère crier : « La chauve-souris royale arrive ! » suivie par les battement venimeux d'ailes.

« La chauve-souris royale arrive ! » cria Fezzik, et il était, assez littéralement, comme il se tenait au milieu de l'escalier, paralysé par la peur, et derrière lui maintenant, faisant son mieux pour combattre l'obscurité, venait Inigo, et il n'avait jamais entendu ce ton avant, pas venant de Fezzik, et Inigo ne voulait pas de chauves-souris dans ses cheveux non plus, mais ça ne valait pas ce genre de frayeur, alors il commença à dire : « Qui y a-t-il de si terrible avec les chauves-souris royales » mais « Qui » fut tout ce qu'il eut le temps de dire avant que Fezzik ne crie : « Enragées ! Enragées ! » et c'est tout ce qu'Inigo avait besoin de savoir, et il hurla : « Baisse-toi, Fezzik, » et Fezzik ne pouvait toujours pas bouger, alors Inigo le chercha dans l'obscurité alors que les battements devenaient plus forts et avec toute sa force il frappa le géant sur l'épaule braillant : « Baisse-toi » et cette fois Fezzik s'agenouilla avec obéissance, mais cela ne suffisait pas, pas vraiment, alors Inigo le frappa encore en criant : « Couché, couché, de tout ton long, » jusqu'à ce que Fezzik soit étendu tremblant sur les marches noires et Inigo s'agenouilla au-dessus de lui, la grande épée à six doigts volant dans ses mains, et ça y était, c'était un test pour voir à quel point les quatre-vingt-dix jours de cognac l'avaient emmené bas, ce qu'il restait du grand Inigo Montoya, car, oui, il avait étudié l'escrime, vrai, il avait passé sa vie et plus à apprendre l'attaque Agrippa et la défense Bonetti et bien sûr il avait étudié sa Thibault, mais il avait aussi, à un moment désespéré, passé un été avec le seul Écossais qui avait jamais compris l'épée, l'infirme MacPherson, et c'était MacPherson qui avait raillé tout ce qu'Inigo savait,  c'était MacPherson qui avait dit : « Thibault, Thibault c'est bien si tu te bats dans un bal, mais que feras-tu si tu veux rencontrer ton ennemi sur un terrain incliné et que tu es en dessous de lui, » et pendant une semaine, Inigo avait étudié tous les mouvements par en dessous, et puis MacPherson le mit sur une colline dans la position supérieure, et quand les mouvements furent maîtrisés, MacPherson continua, car il était infirme, ses jambes ne bougeaient pas en dessous des genoux, alors il avait toujours une pensée pour l'adversité. « Et que feras-tu si ton ennemi t'aveugle ? dit une fois MacPherson. Il jette de l'acide dans tes yeux et maintenant il s'avance pour te tuer ; que fais-tu ? Dis-moi, Espagnol, survis à ça, Espagnol. » Et maintenant, en attendant la charge des chauves-souris royales, Inigo renvoya son esprit vers les mouvements MacPherson, et vous deviez dépendre de vos oreilles, vous trouviez son cœur par ses bruits, et maintenant, comme il attendait, au-dessus de lui Inigo pouvait sentir les chauves-souris royales se masser, pendant qu'au-dessous de lui Fezzik tremblait comme un chaton dans l'eau froide.

« Ne bouge pas ! » commanda Inigo, et ce fut le dernier son qu'il fit, parce qu'il avait besoin de ses oreilles maintenant, et il inclina sa tête vers les battements, la grande épée ferme dans sa main droite, la pointe mortelle faisant doucement des cercles dans l'air. Inigo n'avait jamais vu une chauve-souris royale, il ne savait rien d'elles : à quel point elles étaient grosses, comment elles venaient vers vous, à quel angle, et combien y en avait-il dans chaque charge ? Les battements étaient morts au-dessus de lui maintenant, trois mètres peut-être, peut-être plus, et les chauves-souris peuvent-elles voir dans la nuit ? Avaient-elles cette arme aussi ? « Allez ! » allait dire Inigo, mais ça n'était pas la peine, parce que dans la ruée d'ailes à laquelle il s'attendait et un long hurlement aigu auquel il ne s'attendait pas, la première chauve-souris royale fondit sur lui.

Inigo attendit, attendit, le battement partait vers la gauche, et ça n'allait pas, parce qu'il savait où il était et les bêtes aussi, alors cela voulait dire qu'elles devaient préparer quelque chose pour lui, un coup, un virage soudain, et avec tout le contrôle qui lui restait à l'esprit il garda son épée juste comme elle était, tournant doucement, sans suivre le son jusqu'à ce que le battement cesse et la chauve-souris vira en silence vers le visage d'Inigo.

L'épée à six doigts la fendit comme du beurre.

Le râle de mort de la chauve-souris royale était proche de l'humain, seulement un peu plus haut perché et plus court, et Inigo fut seulement intéressé brièvement parce que maintenant il y avait un double battement ; elles venaient vers lui de deux côtés et une à droite, une à gauche, et MacPherson lui avait dit de toujours bouger de la force vers la faiblesse, alors Inigo perça d'abord à droite, puis fendit à gauche, et deux autres râles quasi humains passèrent. L'épée était lourde maintenant, trois bêtes mortes changeaient l'équilibre, et Inigo voulait les débarrasser de l'arme, mais il y eut un autre battement, un seul, et sans virement cette fois, tout droit et mortellement vers son visage et il baissa la tête et fut chanceux ; l'épée s'éleva et plongea dans le coeur de la bête mortelle et maintenant il y avait quatre brochettes sur l'épée légendaire, et Inigo savait qu'il n'allait pas perdre son combat et de sa gorge sortirent ces mots : « Je suis Inigo Montoya et je suis toujours le Magicien ; je vous attends, » et quand il entendit trois d'entre elles battre des ailes, il souhaita avoir été juste un peu plus modeste, mais il était trop tard pour ça, alors il lui fallait une surprise, et il en fit une, changea de position par rapport aux bêtes, se leva, interceptant leur plongeon bien avant qu'elles ne s'y attendent, et maintenant il y avait sept chauves-souris royales et son épée était complètement déséquilibrée et c'était une mauvaise chose, une chose dangereuse, en dehors d'un détail important : il y avait le silence maintenant dans l'obscurité. Les battements d'ailes étaient finis.

« Quel géant tu fais, » dit alors Inigo, et s'écarta de Fezzik et se précipita en bas de l'escalier noir.

Fezzik se leva et, avançant à pas lourds derrière lui, dit : « Inigo, écoute, j'ai fait une erreur, tu ne m'as pas menti, tu m'as joué un tour, et père disait toujours que jouer des tours c'était bien, alors je ne t'en veux plus, et ça te va ? Ça me va. »

Ils tournèrent la poignée de la porte au pied de l'escalier noir et entrèrent dans le quatrième niveau.

Inigo le regarda. « Tu veux dire que tu me pardonnes complètement d’avoir sauvé ta vie si je te pardonne complètement d’avoir sauvé la mienne ?

- Tu es mon ami, mon seul ami.

- Pathétique, c'est ce que tu es, dit Inigo.

- Athlétique.

- C'est très bien, » dit Inigo, et Fezzik sut qu'ils étaient amis de nouveau. Ils avancèrent vers le signe qui disait : « Vers le Niveau Cinq », en passant devant d'étranges cages. « C'est le pire jusqu'ici, » dit Inigo, et il sauta en arrière, parce que derrière un cage en verre pâle, un aigle sanglant était en train de manger se qui ressemblait à un bras. Et de l'autre côté, il y avait un grand bassin sombre, et ce qu'il y avait dedans était sombre et avec beaucoup de bras et l'eau semblait être sucée vers le centre du bassin où était la bouche de la chose. « Dépêchons-nous, » dit Inigo, et il se trouva tout tremblant à la pensée de tomber dans le bassin sombre.

Ils ouvrirent la porte et regardèrent vers le cinquième niveau.

Épatant.

En premier lieu, la porte qu'ils avaient ouverte n'avait pas de verrou, alors elle ne pouvait pas les piéger. Et en second lieu l'escalier était tout brillamment éclairé. Et en troisième lieu l'escalier était absolument droit. Et en quatrième lieu, ça n'était pas un grand escalier du tout.

Et surtout, il n'y avait rien dedans. Il était brillant et propre et totalement, sans le moindre doute, vide.

« Je n'y crois pas une minute, » dit Inigo, et, tenant son épée prête, il descendit la première marche. « Reste près de la porte... les bougies vont s'éteindre dans une seconde. »

Il descendit une deuxième marche.

Les bougies restèrent allumées.

Une troisième marche. La quatrième. Il y avait seulement une douzaine de marches en tout, et il en descendit deux autres, s'arrêtant au milieu. Chaque marche était peut-être large de 30 cm, il était donc à 1,80 m de Fezzik, à 1,80 m de la grande porte ornée d'une poignée verte qui s'ouvrait sur le cinquième niveau. « Fezzik ? »

En provenance de la porte supérieure : « Quoi ?

- Je suis effrayé.

- Tout a l'air bien pourtant.

- Non. C'est fait exprès ; c'est pour nous tromper. Quoi que nous ayons passé jusqu'ici, ça doit être pire.

- Mais il n'y a rien à voir, Inigo. »

Inigo hocha la tête. « C'est pourquoi je suis effrayé. » Il descendit une autre marche vers la dernière porte ornée d'une poignée verte. Une autre. Quatre marches encore. Quatre pas encore.

1,20 m de la mort.

Inigo descendit une autre marche. Il tremblait maintenant ; presque hors de contrôle.

« Pourquoi trembles-tu ? » dis Fezzik d'en haut.

« La mort est ici. La mort est ici. » Il descendit une autre marche.

60 cm de la mort.

« Puis-je te rejoindre maintenant ? »

Inigo secoua la tête. « Il n'y a pas de raison que tu meures aussi.

- Mais c'est vide.

- Non. La mort est ici. » Maintenant il avait perdu contrôle. « Si je pouvait le voir, je pourrais le combattre. »

Fezzik ne savait pas quoi faire.

«  Je suis Inigo Montoya le Magicien ; je vous attends ! » Il se tourna encore et encore, l'épée prête, examinant l'escalier brillamment éclairé.

« Tu me fais peur aussi maintenant, » dit Fezzik, et il laissa la porte se fermer derrière lui et commença à descendre l'escalier.

Inigo monta vers lui : « Non. » Ils se rejoignirent sur la sixième marche.

1,20 m de la mort maintenant.

La recluse verte tachetée ne tue pas aussi vite que le poisson-pierre. Et beaucoup pensent que le mamba apporte plus de douleur, avec les ulcérations et tout ça. Mais gramme pour gramme, rien dans l'univers ne s'approche de la recluse verte tachetée ; parmi les autres araignées, comparée à la recluse verte tachetée, la veuve noire est une poupée de chiffon. La recluse du prince Humperdinck vivait derrière la poignée verte qui ornait la porte inférieure. Elle bougeait rarement, à moins que la poignée ne bouge. Puis elle frappait comme l'éclair.

Sur la sixième marche, Fezzik mit son bras autour de l'épaule d'Inigo. « Nous allons descendre ensemble, marche après marche. Il n'y a rien ici, Inigo. »

Septième marche. « Il doit y avoir quelque chose.

- Pourquoi ?

- Parce que le Prince est un monstre. Et Rugen est son jumeau dans la souffrance. Et ceci est leur chef-d'œuvre. » Ils descendirent sur la huitième marche.

« C'est très bien pensé, Inigo, » dit Fezzik, fort et calmement ; mais, dedans, il commençait à partir en pièce. Parce qu'il était là, dans ce chouette endroit brillant, et son seul ami dans le monde craquait sous la pression. Et si vous étiez Fezzik, et que vous n'aviez pas beaucoup de puissance intellectuelle, et que vous vous trouviez quatre étages sous terre dans un Zoo de la Mort à chercher un homme en noir que vous pensez vraiment ne pas être là dessous, et le seul ami que vous avez au monde était en train de devenir fou, que feriez-vous ?

Trois marches maintenant.

Si vous étiez Fezzik, vous paniqueriez, parce que si Inigo devenait fou, cela voulait dire que le chef de toute cette expédition c'était vous, et si vous étiez Fezzik, vous sauriez que la dernière chose au monde que vous voudriez être c'est un chef. Alors Fezzik fit ce qu'il faisait toujours dans une situation de panique.

Il s'emballa.

Il cria et sauta vers la porte et l'ouvrit d'un coup d'épaule, sans jamais s'embêter avec les subtilités de l'utilisation de cette jolie poignée verte, et comme la porte craquait sous sa force il continua de courir jusqu'à ce qu'il arrive à la cage géante et là, dedans, inanimé, l'homme en noir était étendu. Fezzik s'arrêta alors, grandement soulagé, parce que voir ce corps silencieux voulait dire une chose : Inigo avait raison, et si Inigo avait raison, il ne pouvait être dingue, et s'il n'était pas dingue, alors Fezzik n'allait devoir mener personne nulle part. Et quand cette pensée atteignit son cerveau, Fezzik sourit.

Inigo, de son côté, était étonné de l'étrange comportement de Fezzik. Il n'y voyait aucune raison, et il était sur le point d'appeler Fezzik quand il vit une minuscule araignée verte tachetée fuyant de la poignée verte, alors il marcha dessus avec sa botte en courant vers la cage.

Fezzik était déjà dans la place, s'agenouillant à côté du corps.

« Ne me le dis pas, » dit Inigo en entrant.

Fezzik essayé de ne pas le dire, mais c'était marqué sur son visage. « Mort. »

Inigo examina le corps. Il avait vu beaucoup de corps en son temps. « Mort. » Puis il s'assit misérablement sur le sol et, un bras autour de ses genoux, se balança d'avant en arrière comme un bébé, d'avant en arrière, d'avant en arrière en avant.

C'était trop injuste. On s'attend à l'injustice quand on respire, mais on dépassait ça. Lui, Inigo, pas un penseur, avait pensé - n'avait-il pas trouvé l'homme en noir ? Lui, Inigo, effrayé par les bêtes et les rampant et tout ce qui piquait, les avait menés dans le Zoo de la Mort sans arme. Il avait dit au revoir à la précaution et était allé bien plus loin qu'aucune limite qu'il eut jamais rêvé avoir. Et maintenant, après tant d'efforts, après avoir été réunis avec Fezzik en ce jour des jours pour ce but, trouver un homme pour l'aider à trouver un plan pour l'aider à venger feu Domingo - envolé. Tout s'était envolé. L'espoir ? Envolé. Le futur ? Envolé. Toutes les forces de sa vie. Envolé. Étouffé. Vaincu. Mort.

« Je suis Inigo Montoya, le fils de Domingo Montoya, et je ne l'accepte pas. » Il sauta sur ses pieds, commença à remonter l'escalier souterrain, s'arrêtant juste assez longtemps pour aboyer des ordres. « Viens, viens, suis-moi. Emmène le corps. » Il chercha dans ses poches pendant un instant, mais elles étaient vides, à cause du cognac. « As-tu un peu d'argent, Fezzik ?

- Un peu. Ils paient bien dans la brigade des brutes.

- Bien, j'espère juste que ça suffira pour acheter un miracle, c'est tout. »

*                                                                   *                                                                     *

Quand il entendit frapper à la porte de son cabanon, Max faillit ne pas répondre. « Allez-vous en, » faillit-il dire, parce que dernièrement il n'y avait que les gamins qui venaient se moquer de lui. Excepté qu'il était un peu tard pour que les gamins soient encore debout - il était passé minuit - et de plus, les coups étaient à la fois forts et, en même temps, tambourinants, comme si l'esprit disait au poing : « Dépêche-toi ; je veux un peu d'action. »

Alors Max ouvrit la porte pour passer un coup d'œil. « Je ne vous connais pas.

- N'êtes-vous pas Max le Miraculeux qui a travaillé toutes ces années pour le Roi ? dit le  type mince.

- J'ai été viré, vous ne le saviez pas ? C'est un sujet douloureux, vous n'auriez pas dû le mentionner, bonne nuit, la prochaine fois apprenez un peu les bonnes manières, » et il ferma la porte du cabanon.

Toc toc... toc toc.

« Allez-vous en, je vous dis, ou j'appelle la brigade des brutes.

- Je suis dans la brigade des brutes, » dit l'autre voix de l'autre côté de la porte, une grosse voix profonde avec laquelle on voulait rester ami.

« Nous avons besoin d'un miracle ; c'est très important, dit le type mince de l'extérieur.

- J'ai pris ma retraite, dit Max, de toute façon, vous voudriez pas de quelqu'un dont le Roi s'est débarrassé, n'est-ce pas ? Je pourrais tuer le miraculé.

- Il est déjà mort, dit le type mince.

- Déjà, hein ? » dit Max, il y avait un peu d'intérêt dans sa voix maintenant. Il ouvrit de nouveau la porte pour passer un coup d'œil. « Je suis bon avec les morts.

- S'il vous plaît, dit le type mince.

- Amenez-le à l'intérieur. Je ne fais aucune promesse, » répondit Max le Miraculeux après réflexion.

Ce type immense et ce type mince amenèrent ce grand type et le posèrent sur le sol du cabanon. Max le poussa du bout du doigt. « Pas plus raide que d'autres, » dit-il.

Le type mince dit : « Nous avons de l'argent.

- Alors allez trouver un grand génie spécialiste, pourquoi pas ? Pourquoi gâcher votre temps avec moi, un type que le Roi a viré ? » Cela l'avait presque tué à l'époque. Pendant les deux premières années, il l'aurait souhaité. Ses dents tombèrent tellement elles grinçaient ; il s'était arraché les dernières loyales touffes de cheveux de son crâne dans une colère folle.

« Vous êtes le dernier faiseur de miracles qui reste en Florin, dit le type mince.

- Oh, voilà pourquoi vous venez me voir ? L'un d'entre vous a dit : "Que ferons-nous du corps ?" Et l'autre a dit : "Prenons le risque de demander à ce faiseur de miracle que le Roi a viré," et le premier a probablement dit : "Qu'avons-nous à perdre ; il ne peut pas tuer un cadavre" et l'autre a probablement dit...

- Vous étiez un merveilleux faiseur de miracles, dit le type mince. C'est pour la politique que vous avez été viré.

- Ne m'insultez pas, pas merveilleux... j'étais génial... je suis génial... il n'y a jamais eu... jamais, tu m'entends, fiston, un faiseur de miracles qui pouvait me dépasser... la moitié des techniques de miracle, je les ai inventées... et puis ils m'ont viré... » Soudainement sa voix faiblit. C'était un très vieil homme et faible et l'effort de ce discours passionné l'avait vidé.

« Monsieur, s'il vous plaît, asseyez-vous... dit le type mince.

- Ne me sers pas du "monsieur", fiston, »  Il était coriace quand il était jeune et il était toujours coriace. « J'ai du travail à faire. Je nourrissais ma sorcière quand vous êtes entrés ; je dois finir maintenant, » et il souleva la trappe du cabanon et descendit l'échelle dans le cellier, verrouillant la porte derrière lui. Quand cela fut fait, il mit son doit sur ses lèvres et courut vers la vieille femme qui cuisinait du chocolat chaud sur les braises. Max avait épousé Valérie il y avait un million d'années, à ce qu'il semblait, à l'école de Miracle, où elle travaillait comme préparatrice de potions. Elle n'était pas, bien sûr, une sorcière, mais quand Max commença à pratiquer, tous les faiseurs de miracles devait en avoir une, alors, puisque ça ne gênait pas Valérie, il l'appelait sorcière en publique et elle apprit assez du métier de sorcière pour se faire passer pour une sous la pression. « Écoute ! Écoute ! » murmura Max, faisant des mouvements vers le cabanon au-dessus. « Tu ne devineras jamais ce que j'ai en haut... un géant et un latino.

- Un géant au casino ? » dit Valérie, les mains sur le cœur ; son cœur n'était pas ce qu'il avait été.

« Latino ! Latino ! Un type d'Espagne. Cicatrices et tout, un sacré dur à cuire.

- Laisse-les voler ce qu'ils veulent ; qu'avons-nous qui mérite qu'on se batte ?

- Ils ne veulent pas voler, ils veulent acheter. Moi. Ils ont cadavre là haut et ils veulent un miracle.

- Tu as toujours été bon avec les morts, » dit Valérie. Elle ne l'avait jamais vu essayer si fort de ne pas avoir l'air excité depuis que sa mise à la porte l'avait brisé. Elle tint très précautionneusement sa propre excitation sous contrôle. Si seulement il pouvait travailler à nouveau. Son Max était un tel géni, ils reviendraient tous, chaque patient. Max serait honoré de nouveau et ils pourraient déménager du cabanon. Dans le temps, le cabanon servait pour les expériences. Maintenant c'était la maison. « Tu n'avais rien d'autre d'urgent ce soir, pourquoi ne pas prendre la cas ?

- Je pourrais, je l'admets, sans aucun doute, mais imagine si je le faisais ? Tu connais la nature humaine ; ils essaieraient probablement de s'en sortir sans payer. Comment puis-je forcer un géant à payer s'il ne veut pas ? Qui a besoin de ce genre de souci ? Je vais les renvoyer et tu m'apporteras une bonne tasse de chocolat chaud. De plus, j'étais en plein dans un article sur les serres d'aigles qui est très bien écrit.

- Prends l'argent à l'avance. Allez. Demande. S'ils disent non, jette-les. S'ils disent oui, descends-moi l'argent, je le donnerai à la grenouille, ils ne le trouveront pas même s'ils changent d'avis et essaient de le voler. »

Max commença à remonter l'échelle. « Combien devrais-je demander ? Je n'ai pas fait de miracle... en quoi, trois ans maintenant ? Les prix ont dû monter en flèche. Cinquante, tu penses ? S'ils ont cinquante, je vais y penser. Sinon, je les jette.

- D'accord, » répondit Valérie, et à la minute où Max ferma la trappe, elle escalada silencieusement l'échelle et colla son oreille au plafond.

« Monsieur, nous sommes terriblement pressés, alors... dit une voix.

- Ne me presse pas, fiston, vous pressez un faiseur de miracles, vous avez des miracles pourris, c'est c'que vous voulez ?

- Vous allez le faire, alors ?

« Je n'ai pas dit que j'le ferai, fiston, n'essaie pas mettre la pression à un faiseur de miracles, pas celui-ci ; tu me mets la pression, je te jette, combien d'argent tu as ?

- Donne-moi ton argent, Fezzik ? dit encore la même voix.

- Voici tout ce que nous avons, gronda la grosse voix. Compte, Inigo. »

Il y eut une pause. « Soixante-cinq, c'est ce que nous avons, » dit celui qui s'appelait Inigo.

Valérie était sur le point d'applaudir de joie quand Max dit : « Je n'ai jamais travaillé pour si peu de ma vie ; vous devez plaisanter, excusez-moi encore ; je dois faire roter ma sorcière ; elle a fini de manger maintenant. »

Valérie courut vers la cheminée et attendit jusqu'à ce que Max la rejoigne. « Ça ne va pas, dit-il. Ils n'ont que vingt. »

Valérie remua les braises dans le fourneau. Elle savait la vérité, mais craignait d'avoir à le dire, alors elle changea de tactique. « Nous n'avons pratiquement plus de chocolat en poudre ; vingt pourraient certainement nous aider demain au troc.

- Pas de chocolat en poudre ? dit Max, visiblement énervé. Le chocolat était un de ses favoris, juste après les bonbons contre la toux.

« Peut-être, si c'était pour une bonne cause, tu pourrais baisser tes prix pour travailler pour vingt, dit Valérie. Trouve pourquoi ils ont besoin de ce miracle.

- Ils vont probablement mentir.

- Utilise le soufflet si tu as un doute. Écoute : je détesterais garder sur la conscience le fait de ne pas avoir fait un miracle quand des gens bien sont impliqués.

- Tu sais ce que tu veux, » dit Max, mais il retourna en haut. « OK, dit-il au type mince. Qu'y a-t-il de si spécial que je doive ramener, parmi les centaines de personnes qui me harcèlent tous les jours pour avoir des miracles, ce type en particulier ? Et, croyez-moi, ça a intérêt à en valoir la peine. »

Inigo allait dire : « Pour qu'il me dise comment tuer le comte Rugen, » mais ça ne semblait pas vraiment être le genre de choses qu'un faiseur de miracles grincheux considérerait comme améliorant l'humanité en général, alors il dit : « Il a une femme, il a quinze enfants, ils n'ont pas une miette à manger ; s'il reste mort, ils mourront de faim, alors...

- Oh, fiston, quel menteur, »  dit Max, et il se dirigea vers un coin et pris un énorme soufflet. « Je vais lui demander, » grogna Max, soulevant les soufflets vers Westley.

« C'est un cadavre ; il ne peut pas parler, dit Inigo.

- J'en ai les moyens, » fut tout ce que Max répondit, et il mit l'énorme soufflet tout au fond de la gorge de Westley et commença à pomper. « Vous voyez, expliqua Max pendant qu'il pompait, il y a différentes sortes de morts : ils sont un peu morts, presque morts, et complètement morts. Ce type-là, il n'est qu'un peu mort, ce qui veut dire qu'il y a encore des souvenirs dedans, il y a toujours des bouts d'esprit. Vous appuyez un peu ici, un peu plus là, quelque fois on a des résultats. »

Westley commençait à gonfler légèrement maintenant avec tout ce pompage.

« Que faites-vous ? dit Fezzik qui commençait à être énervé.

- Peu importe, je remplis juste ses poumons ; je vous garantis que ça ne lui fait pas mal. » Il arrêta de pomper sur le soufflet après quelques instants, et puis il commença à crier dans l'oreille de Westley : « Qu'y a-t-il de si important ? Qu'est-ce qui mérite de revenir ? Qu'est-ce qui t'attend ? » Max rapporta alors le soufflet dans le coin et pris un papier et un crayon. « Cela prends un peu de temps pour sortir, alors vous pouvez tout aussi bien répondre à quelques questions. À quel point connaissez-vous ce type ? »

Inigo ne voulait pas vraiment répondre à cela, vu que ça aurait paru étrange d'admettre qu'ils ne l'avaient rencontré qu’une fois, et pour se battre à mort. « Que voulez-vous dire exactement ? répliqua-t-il.

- Eh bien, par exemple, dit Max, était-il chatouilleux ou pas ?

- Chatouilleux , explosa Inigo avec colère. Chatouilleux ! Il est question de vie et de mort et vous parler de chatouilles !

- Ne me crie pas dessus, explosa Max en retour, et ne te moque pas de mes méthodes - les chatouilles peuvent être terribles dans certaines cas. J'ai eu un cadavre un jour, pire que ce type, presque mort, et je l'ai chatouillé et chatouillé ; j'ai chatouillé ses orteils et je l'ai chatouillé sous les bras et dans les côtes et j'ai pris une plume de paon et j'ai chatouillé son nombril ; j'ai travaillé toute la journée et j'ai travaillé toute la nuit et à l'aube suivante - à l'aube suivante, je vous le fais remarquer - ce corps dit : "Je déteste ça," et j'ai dit : "Déteste quoi ?" et il a dit : "Être chatouillé ; j'ai fait tout le chemin en sens inverse depuis la mort pour vous demander de vous arrêter," et j'ai dit : "Vous voulez dire que ce que je vous fais maintenant avec la plume de paon, cela vous gêne ?" et il a dit : "Vous ne pouvez pas imaginer à quel point cela me gêne," et bien sûr j'ai continué à lui poser des questions sur les chatouilles, je le faisais parler, me répondre, parce que, je n'ai pas besoin de vous le dire, une fois qu'on a un cadavre vraiment pris dans la conversation, votre bataille est à moitié gagnée.

- P... uuuuur... amu... »

Fezzik s'accrocha à Inigo en panique et ils se tournèrent tous les deux, fixant l'homme en noir, qui était silencieux de nouveau. « "Pur amour", c'est ce qu'il a dit, cria Inigo. Vous l'avez entendu... l'amour pur, c'est pourquoi il veut revenir. Ça en vaut certainement la peine.

- Fiston, ne me dit pas ce qui vaut la peine - l'amour pur est la meilleure chose au monde, excepté les  bonbons contre la toux. Tout le monde le sait.

- Alors vous allez le sauver ? dit Fezzik.

- Oui, absolument, je l'aurais sauvé, s'il avait dit : "Pur amour", mais vous avez mal entendu, alors que moi, étant un spécialiste du soufflet, je vous dirai ce que n'importe quel linguiste serait heureux de vérifier - à savoir, que je son b est le plus difficile à maîtriser pour un cadavre, et qu'il est donc sorti comme un meuh, et ce que votre ami a dit c'est "pour la mousse", ce qui voulait dire, manifestement, "pour la bourse" - clairement il est soit impliqué dans une affaire louche soit dans un vol et il veut sa part, et ce n'est certainement pas une assez bonne raison pour un miracle. Je suis désolé, je ne change pas d'avis une fois que j'en ai un, au revoir, prenez votre cadavre avec vous.

- Menteur ! Menteur ! » sortit soudainement de la trappe ouverte.

Max le Miraculeux fit volte-face. « En arrière, Sorcière... commanda-t-il.

- Je ne suis pas une sorcière, je suis ta femme - elle avançait vers lui maintenant, une vieille furie minuscule - et après ce que tu viens juste de faire je ne pense pas vouloir encore l'être. » Max le Miraculeux essaya de la calmer, mais elle ne voulait rien savoir. « Il a dit : "Pur amour," Max - même moi j'ai pu l'entendre - "pur amour", "pur amour".

- Arrête, » dit Max, et maintenant il y avait des supplications.

Valérie se tourna vers Inigo. « Il vous rejette parce qu'il a peur... il a peur d'être fini, que les miracles aient disparus de ses doigts qui avaient été grandioses...

- C'est pas vrai... dit Max.

- Tu as raison, accorda Valérie, ce n'est pas vrai... ils n’ont jamais été grandioses... tu n'as jamais été bon.

- La cure de chatouilles... tu étais là... tu as vu...

- Un coup de pot...

- Tous les noyés que j'ai ramenés...

- De la chance...

- Valérie, nous sommes marié depuis quatre-vingts ans ; comment peux-tu me faire ça ?

- Parce que le pur amour est en train de mourir et tu n'as pas ma décence de dire pourquoi tu ne les aide pas... eh bien je le fais, et je dis ceci : le prince Humperdinck a eu raison de te virer...

- Ne prononce pas ce nom dans mon cabanon, Valérie... tu as fait la promesse de ne jamais souffler ce nom...

- Prince Humperdinck, prince Humperdinck, prince Humperdinck... au moins il reconnaît un imposteur quand il en voit un... »

Max couru vers la trappe, les mains sur les oreilles.

« Mais c'est le vrai amour de sa fiancée, dit alors Inigo. Si vous le ramenez à la vie, il arrêtera le mariage du prince Humperdinck... »

Les mains de Max quittèrent ses oreilles. « Ce cadavre, là... il revient à la vie, le prince Humperdinck souffre ?

- Humiliation à gogo, dit Inigo.

- Voilà ce que j'appelle une raison qui en vaut la peine, dit Max le Miraculeux. Donnez-moi les soixante-cinq ; je prends le cas. » Il s'agenouilla près de Westley. « Hmmm, dit-il.

- Quoi ? » dit Valérie. Elle connaissait ce ton.

« Pendant que tu papotais, il est passé d'un peu mort à presque mort. »

Valérie tapota Westley à plusieurs endroits. « Il raidit, dit-elle. Il va falloir que tu travailles ça. »

Max tapota lui-même. « Penses-tu que l'oracle est toujours debout ? »

Valérie regarda l'horloge. « Je ne pense pas, il est presque une heure. De plus, je ne lui fais plus trop confiance. »

Max hocha la tête. « Je sais, mais ça aurait été bien d'avoir un petit indice pour savoir si ça va marcher ou non. » Il se frotta les yeux. « Je suis fatigué de tout ça ; j'aimerais avoir su à l'avance pour ce travail ; j'aurais fait un somme cette après-midi. » Il haussa les épaules. « On y peut rien, ce qui est fait est fait. Donne-moi l'Encyclopédie des Sorts et l'Appendice des Formules.

- Je pensais que vous saviez tout sur ce genre de choses, » dit Inigo, qui commençait à être énervé aussi maintenant.

« Je manque de pratique, je suis retraité ; cela fait trois ans, il ne faut pas faire n'importe quoi avec ces recettes de résurrection ; un seul petit ingrédient faux, tout te saute à la figure.

- Voici le livre des formules et tes lunettes, » poussa Valérie en montant l'échelle. Pendant que Max commençait à le feuilleter, elle se tourna vers Inigo et Fezzik qui tournaient en rond. « Vous pouvez nous aider ; dit-elle.

- Tout ce que vous voulez, dit Fezzik.

- Dites-nous ce qui peut être utile. Combien de temps avons-nous pour le miracle ? Si nous le faisons...

- Quand nous le ferons, » dit Max de son livre de formules. Sa voix devenait plus forte.

« Quand nous le ferons, continua Valérie, combien de temps doit-il garder sa pleine puissance ? Que doit-il se passer exactement ?

- Eh bien, c'est dur à dire, dit Inigo, étant donné que la première chose que nous devons faire c'est prendre le château d'assaut, et on ne peut jamais vraiment être sûr si ce genre de choses va marcher.

- Une pilule d'une heure devrait être bien, dit Valérie. Soit c'est bien assez soit vous êtes tous les deux morts, alors pourquoi ne pas dire une heure ?

- Nous nous battrons tous les trois, corrigea Inigo. Et puis une fois que nous aurons pris d'assaut le château nous devons arrêter le mariage, voler la Princesse et nous échapper, laissant de la place là-dedans pour que je combatte en duel le comte Rugen. »

L'énergie de Valérie disparut visiblement. Elle s'assit péniblement. « Max, dit-elle en tapant son épaule. Pas la peine. »

Il leva les yeux. « Hein ?

- Ils ont besoin d'un corps qui puisse se battre. »

Max ferma le livre de formules. « Pas la peine, dit-il.

- Mais j'ai acheté un miracle, insista Inigo. Je vous ai donné les soixante-cinq.

- Écoute - Valérie cogna la poitrine de Westley - rien. As-tu jamais entendu quelque chose sonner aussi creux ? La vie de cet homme a été aspirée. Cela prendra des mois avant qu'il ait à nouveau de la force.

- Nous n'avons pas des mois... il est une heure passée maintenant, et le mariage est à six heures ce soir. Quelles parties pouvons-nous espérer avoir en état de marche dans dix-sept heures ?

- Eh bien, dit Max en réfléchissant. Certainement la langue, absolument le cerveau, et, avec de la chance, peut-être une petite marche lente si vous le poussez gentiment dans la bonne direction. »

Inigo regarda Fezzik avec désespoir.

« Que puis-je vous dire ? dit Max. Vous demandez une fantasmagorie.

- Et vous n'auriez jamais pu en avoir une pour ces soixante-cinq, » ajouta Valérie en consolation.

*                                                                   *                                                                     *

Une petite coupe ici, vingt pages peut-être. Ce qui arrive est, fondamentalement, une alternance de scènes - ce qu'il se passe au château, puis quelle est la situation avec le faiseur de miracles, aller-retour, et à chaque changement il donne l'heure, genre : « Il était alors onze heures avant les six heures », ce genre de choses. Morgenstern utilise ce procédé principalement parce que tout ce par quoi il est intéressé, comme toujours, c'est par tout ce truc de satire antimonarchique et à quel point ils étaient stupides de passer par toutes ces vieilles traditions, embrasser l'anneau sacré d'arrière-grand-père Untel, etc.

Il y a quelques trucs d'action que je coupe, ce que je n'ai jamais fais nulle part ailleurs, et voici ma logique : Inigo et Fezzik doivent passer par un certain nombre de hauts faits pour pouvoir revenir avec les bons ingrédients pour la pilule de résurrection, des trucs comme Inigo qui doit trouver de la poussière de grenouille pendant que Fezzik est parti à la recherche de boue d'holocauste, ce qui, par exemple, exigera, premièrement, que Fezzik trouve un manteau d'holocauste pour qu'il ne se brûle pas à mort en ramassant la boue, etc. Eh bien, c'est ma conviction que c'est la même chose que le Magicien d'Oz envoyant les amis de Dorothée au château de la méchante sorcière pour les pantoufles de rubis ; ça a la même « sensation », si vous voyez ce que je veux dire, et je ne voulais pas risquer que, quand le livre atteint son paroxysme, le lecteur dise : « Oh, c'est comme le truc de Oz. » Voici un contre-jour, pourtant : la version florine de Morgenstern est venue avant que Baum n'écrive Le Magicien d'Oz, alors même s'il était initiateur, c’est en fait tout le contraire. Ça serait bien si quelqu’un, peut-être un candidat au doctorat en liberté, faisait un petit quelque chose pour la réputation de Morgenstern, parce que, croyez-moi, si être ignoré est une souffrance, ce type a souffert.

L’autre raison pour laquelle j’ai fait la coupure est celle-ci : on sait que la pilule de résurrection doit marcher. On ne passe pas tout ce temps avec un couple de fadas comme Max et Valérie pour que ça rate. Au moins, un magicien comme Morgenstern ne le fait pas.

Une dernière chose : Hiram, mon éditeur, pensait que la partie Max le Miraculeux était trop juive, trop contemporaine. Je l‘ai vraiment laissé avoir le dernier mot sur ce point ; c’est un point très douloureux pour moi, parce que, juste pour prendre un exemple, il y avait cette ligne dans Butch Cassidy et le Kid où Butch dit : « J’ai des visions et le reste du monde porte des lunettes, » et un de mes géniaux producteurs dit : « Cette ligne doit disparaître ; je ne mets pas mon nom sur ce film avec cette ligne dedans, » et j’ai dit pourquoi et il a dit : « Ils ne parlaient pas comme ça alors ; c’est anachronique. » Je me souviens lui avoir expliqué : « Ben Franklin portait des lunettes… Ty Cobb était batteur dans l’American League à l’époque de ces gars… ma mère était vivante quand ces gars étaient vivants et elle portait des lunettes. » Nous nous serrâmes la main et restèrent ennemis mais la ligne resta dans le film.

Et donc l’idée c’est, si Max et Valérie sonnent juifs, pourquoi pas ? Vous pensez qu’un gars qui s’appelait Simon Morgenstern était catholique irlandais ? C’est marrant… les vieux de Morgenstern s’appelaient Max et Valérie et son père était médecin. La vie qui imite l’art, l’art qui imite la vie ; je confonds vraiment les deux, genre je peux plus me rappeler si le clairet est un vin de Bordeaux ou de Bourgogne. Ils sont tous les deux bons, c’est la seule chose qui compte vraiment, je suppose, et Morgenstern aussi, et nous y revenons un peu plus tard, treize heures plus tard, pour être précis, quatre heures de l’après-midi, deux heures avant le mariage.

*                                                                   *                                                                     *

« Vous voulez dire que ça y est ? dit Inigo, consterné.

- Ça y est, » hocha fièrement Max de la tête. Il n’était pas resté levé d’affilée si longtemps depuis le vieux temps, et il se sentait fantastique.

Valérie était si fière. « Magnifique, » dit-elle. Elle se tourna alors vers Inigo. « Tu sembles si déçu… à quoi pensais-tu qu’une pilule de résurrection ressemblait ?

- Pas à une boule d’argile de la taille d’une balle de golf, » répondit Inigo.

*                                                                   *                                                                     *

(Moi encore, la dernière fois du chapitre : non, ce n’est pas anachronique non plus ; il y avait des balles de golf en Écosse il y a sept cents ans, et, de plus, souvenez-vous qu’Inigo a étudié avec MacPherson l’Écossais. En conséquence, tout ce que Morgenstern a écrit est historiquement correct ; lisez n’importe quel bon livre sur l’histoire florine.)

*                                                                   *                                                                     *

« D’habitude, je leur mets un enrobage de chocolat à la dernière minute ; ça les rend bien plus appétissantes, dit Valérie.

- Il doit être quatre heures, dit Max alors. Il vaudrait mieux préparer le chocolat pour qu’il ait le temps de durcir. »

Valérie emporta la boule et commença à descendre l’échelle vers la cuisine. « Tu as fais un très bon travail, souris un peu.

- Ça va marcher sans une anicroche ? » dit Inigo.

Max hocha très fermement la tête. Mais il ne sourit pas. Il y avait quelque chose au fond de son esprit qui l’embêtait ; il n’oubliait jamais rien, rien d’important, et il n’avait pas oublié ça non plus.

Il ne s’en ait juste pas souvenu à temps…

*                                                                   *                                                                     *

À 16 h 45 le prince Humperdinck convoqua Yellin dans sa chambre. Yellin vint immédiatement, bien qu’il craigne ce qui allait, il le savait, arriver. En fait, Yellin avait déjà écrit sa lettre de démission et elle était dans une enveloppe dans sa poche. « Votre Majesté, commença Yellin.

- Au rapport, » dit le prince Humperdinck. Il était brillamment habillé de blanc, dans son costume de noces. Il ressemblait toujours à un énorme tonneau, mais plus brillant.

« Tous vos désirs ont été exécutés, Majesté. J’ai personnellement veillé à chaque détail. » Il était très fatigué, Yellin était, ainsi que ses nerfs, bien plus qu’à vif.

« Précisez, » dit le Prince. Il était à soixante-quinze minutes de son premier meurtre féminin, et il se demandait s’il pourrait mettre ses doigts sur sa gorge avant même le début d’un cri. Il s’était exercé sur des saucisses géantes toute l’après-midi et il avait bien compris les gestes, mais bon, des saucisses géantes ne sont pas des cous et toute la bonne volonté du monde ne pouvait changer cela.

« Toutes les entrées du château ont été rescellées ce matin même, sauf la grande porte. C’est maintenant le seul moyen d’entrer, et le seul moyen de sortir. J’ai changé la serrure de la grande porte. Il n’y a qu’une clef pour la nouvelle serrure et je la garde où que je sois. Quand je suis dehors avec la centaine de soldat, la clef est sur la porte à l’extérieur et personne ne peut quitter l’enceinte du château. Quand je suis avec vous, comme maintenant, la clef est sur la porte à l’intérieur, et personne ne peut venir de l’extérieur.

- Suivez-moi, dit le Prince, et il se dirigea vers la grande fenêtre de sa chambre. Il pointa dehors. Derrière la fenêtre il y avait un charmant jardin. Au-delà il y avait les écuries privées du Prince. Au-delà, naturellement, le mur extérieur du château. « Voilà comment ils viendront, dit-il. Par dessus le mur, à travers mes écuries, par le jardin, la fenêtre, étranglant la Reine et ils repartiront par le chemin qu’ils ont pris avant que nous ne le sachions.

- Ils ? dit Yellin bien qu’il sache la réponse.

- Les Guildériens, bien sûr.

- Mais le mur dont vous parlez est le plus haut de tout le Château florin – il fait quinze mètres à cet endroit – ça semble être l’endroit le moins probable pour une attaque. » Il essayait désespérément de garder son self-control.

« Raison de plus pour choisir cet endroit ; de plus, les Guildériens sont connus dans le monde entier pour être des grimpeurs insurpassables. »

Yellin n’avait jamais entendu ça. Il avait toujours pensé que les Suisses étaient considérés comme des grimpeurs insurpassables. « Majesté, dit-il dans une dernière tentative, je n’ai pas entendu, de la part d’aucun espion, un seul mot sur un seul complot contre la Princesse.

- Je sais de source sûre qu’il y aura une tentative d’étranglement sur la Princesse cette nuit même.

- Dans ce cas, » dit Yellin, et il s’agenouilla et tendit l’enveloppe, « je dois démissionner. » C’était une décision difficile – les Yellin étaient chefs des gardes de Florin depuis des générations, et ils faisaient leur travail plus que sérieusement. « Je ne fais pas un travail convenable, sire ; s’il vous plaît pardonnez-moi et croyez bien que mes échecs furent ceux du corps et de l’intelligence et pas du cœur. »

Le prince Humperdinck se trouva, assez soudainement, dans un véritable pétrin, car dès que la guerre serait finie, il aurait besoin de quelqu’un qui reste en Guilder et qui gouverne, vu qu’il ne pouvait pas être à deux endroits à la fois, et les seuls hommes en qui il avait confiance étaient Yellin et le Comte, et le Comte ne voudrait jamais de ce travail, étant obsédé, surtout ces derniers jours, par la conclusion de ce stupide livre sur la douleur. « Je n’accepte pas votre démission, vous faites un travail convenable, il n’y a pas de complot, je vais moi-même assassiner la Reine ce soir, c’est vous qui gouvernerez Guilder après la guerre, maintenant relevez-vous. »

Yellin ne savait pas quoi dire. « Merci » semblait si peu adéquat, mais c’est tout ce qu’il trouva.

« Une fois le mariage fini je l’enverrai ici se préparer pendant que, avec des bottes soigneusement préparées à l’avance, je ferai des traces menant du mur à la chambre et de la chambre au mur. Étant donné que vous êtes en charge de faire respecter la loi, j’attends de vous que vous ne preniez pas longtemps pour vérifier mes craintes que les traces ont seulement pu être faites pas les bottes des soldats guildériens. Un fois que nous aurons cela, nous aurons besoin d’une ou deux proclamations royales, mon père peut abdiquer pour inaptitude à se battre, et vous, cher Yellin, vivrez bientôt dans le château de Guilder. »

Yellin reconnaissait un congédiement quand il en entendait un. « Je pars sans autre pensée dans mon cœur que celle de vous servir.

- Merci, » dit Humperdinck, enchanté, parce que après tout, la loyauté était une chose qu’on ne pouvait pas acheter. Et dans cet état d’esprit, il dit à Yellin qui passait la porte : « Et, oh, si vous voyez l’albinos, dites-lui qu’il peut se mettre derrière au fond pendant le mariage ; ça ne me dérange pas.

- Je le ferai, Majesté, dit Yellin avant d’ajouter : mais je ne sais pas où est mon cousin… Je l’ai cherché il y a moins d’une heure et il n’était nulle part. »

Le Prince reconnaissait des nouvelles importantes quand il en entendait parce qu’il n’était pas le plus grand chasseur du monde pour rien et, surtout, parce qu’il y avait une chose qui était sûre à propos de l’albinos, c’est qu’on le trouvait toujours quelque part. « Mon Dieu, vous ne pensez pas qu’il y a vraiment un complot, n’est-ce pas ? C’est le moment parfait ; le pays fait la fête ; si Guilder allait avoir cinq cents ans, je sais que je les attaquerais.

- Je courrai à la porte et je me battrai, à mort si nécessaire, dit Yellin.

- Merci, » lui lança le Prince. S’il y avait une attaque, ça serait au moment le plus chargé, pendant le mariage, alors il devrait l’avancer. Les affaires de l’état étaient lentes, mais, quand même, il avait de l’autorité. On oubliait six heures. Il serait marié à cinq heures et demie, ou il ne le serait pas.

*                                                                   *                                                                     *

À cinq heures, Max et Valérie sirotaient du café au sous-sol. « Tu devrais aller directement au lit, dit Valérie ; tu sembles préoccupé. Tu ne peux pas rester debout toute la nuit comme si tu étais un chiot.

- Je ne suis pas fatigué, dit Max. Mais tu as raison pour le reste.

- Raconte à Maman, répliqua Valérie en caressant la où ses cheveux avaient été.

- C’est juste que je pensais, cette pilule.

- C’était une très belle pilule, chéri. Tu peux être fier.

- Je crois que je me suis trompé dans les quantités, pourtant. Est-ce qu’ils ne voulaient pas une heure ? Quand j’ai doublé les quantités de la recette, je crois que je n’en ai pas fait assez. Je ne pense pas que ça va marcher plus de quarante minutes. »

Valérie s’assit sur ses genoux. « Soyons honnête l’un envers l’autre ; c’est certain, tu es un génie, mais même un génie rouille. Cela faisait trois ans que tu n’avais pas exercé. Quarante minutes suffiront.

- Je suppose que tu as raison. De toute façon, que pouvons-nous y faire ? Quand c’est fait, c’est fait.

- La pression sous laquelle tu as été, si seulement ça marche, ça sera un miracle. »

Max était obligé de lui donner raison. « Une fantasmagorie. » Il hocha la tête.

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L’homme en noir était presque raide quand Fezzik atteint le mur. Il était pratiquement cinq heures et Fezzik avait porté le corps tout le long du chemin depuis chez Max le Miraculeux, petite rue après petite rue, ruelle après ruelle, et c’était une des choses les plus difficiles qu’il avait jamais faites. Sans être pénible. Il n’était même pas essoufflé. Mais si la pilule était juste ce à quoi elle ressemblait, une boule de chocolat, alors lui, Fezzik, allait avoir une vie de cauchemars où des corps deviendraient raides entre ses doigts.

Quand il fut enfin dans l’ombre du mur, il dit à Inigo : « Et maintenant ?

- Nous devons voir si c’est toujours sûr. Il pourrait y avoir un piège. » C’était le même endroit du mur qui menait, rapidement, au Zoo, dans le coin le plus éloigné du château. Mais si le corps de l’albinos avait été découvert, alors qui sait ce qui les attendait ?

« Dois-je monter alors ? demanda Fezzik.

- Nous monterons tous les deux, répliqua Inigo. Appuie-le contre le mur et aide-moi. » Fezzik pencha l’homme en noir pour qu’il n’y ait aucun danger qu’il ne tombe et attendit pendant qu’Inigo sautait sur ses épaules. Puis Fezzik grimpa. N’importe quelle fissure dans le mur suffisait à ses doigts ; la moindre imperfection était tout ce dont il avait besoin. Il grimpa rapidement, il avait l’habitude maintenant, et après un moment, Inigo fut capable d’attraper le sommet et il dit : « Très bien ; redescends maintenant, » alors Fezzik retourna vers l’homme en noir et attendit.

Inigo rampa le long du mur dans un silence de mort. Au loin il pouvait voir l’entrée du château et les soldats en armes qui l’encadraient. Et à portée de main il y avait le Zoo. Et dans le buisson le plus touffu dans le coin le plus éloigné du mur, il pouvait distinguer le corps inanimé de l’albinos. Rien n’avait changé. Ils étaient, du moins jusqu’ici, en sécurité. Il fit un geste à Fezzik, qui prit l’homme en noir en ciseau entre ses jambes et commença sans un bruit l’escalade avec les mains.

Quand ils furent tous au sommet du mur, Inigo étendit le mort et puis courut jusqu’à ce qu’il ait une meilleure vue de l’entrée principale. Le chemin du mur extérieur jusqu’à la porte principale du château était légèrement incliné, pas plus qu’un faux plat, mais une pente tout de même. Il devait y avoir – Inigo fit un rapide calcul – au moins une centaine d’hommes se tenant prêts. Et il devait être – estima-t-il précisément – cinq heures cinq maintenant, peut-être presque dix. Cinquante minutes avant le mariage. Inigo se tourna alors et courut vers Fezzik. « Je pense que nous devrions lui donner la pilule, dit-il. Il doit être environ quarante-cinq minutes avant la cérémonie.

- Ça veut dire qu’il n’a que quinze minutes pour s’échapper, dit Fezzik. Je pense que nous devrions attendre jusqu’à cinq heures trente. Moitié avant, moitié après.

- Non, dit Inigo. Nous allons arrêter le mariage avant l’heure – c’est la meilleure façon, en tout cas selon moi. Avant qu’ils ne soient tous en place. Dans l’animation juste avant, c’est à ce moment que nous devons frapper. »

Fezzik n’avait pas d’autres objections.

« De toute façon, dit Inigo, nous ne savons pas combien de temps ça prend d’avaler un truc comme ça.

- Je ne pourrais jamais l’avaler moi-même. Ça, je le sais.

- Nous devrons lui faire avaler de force, » dit Inigo en déballant la boule couleur chocolat. « Comme une oie gavée. Mettons nos mains autour de son coup et essayons de la pousser dans ce qui peut bien venir après.

- Je te suis, Inigo, dit Fezzik. Dis-moi simplement quoi faire.

- Mettons-le dans une position assise, je pense, non ? J’ai toujours trouvé plus facile d’avaler assis que couché.

- Nous allons devoir nous y mettre à deux, dit Fezzik. Il est complètement raide maintenant. Je ne pense pas du tout qu’il pliera facilement.

- Tu peux le faire, dit Inigo. J’ai toujours confiance en toi, Fezzik.

- Merci, dit Fezzik. Ne me laisse juste jamais seul. » Il tira le corps entre eux et essaya de le faire plier en deux, mais l’homme en noir était si raide que Fezzik devait vraiment transpirer pour arriver à le mettre en angle droit. « Combien de temps penses-tu que nous allons devoir attendre avant de savoir si le miracle marche ou pas ?

- Ton avis vaut le mien, dit Inigo. Ouvre sa bouche aussi grand que tu peux et penche un peu sa tête en arrière et on va lui jeter et on verra. »

Fezzik s’activa un moment sur la bouche du mort, réussi à la mettre comme l’avait demandé Inigo, pencha le cou parfaitement dès le premier coup, et Inigo s’agenouilla directement au dessus de la cavité, lâcha la pilule, et comme elle atteignait la gorge il entendit : « Pouviez pas me battre seuls, chalauds ; eh bien, je vous ai battu séparément, je vous battrai ensemble.

- Tu es vivant ! » cria Fezzik.

L’homme en noir était assis immobile, comme une marionnette de ventriloque, seule sa bouche bougeait. « C’est probablement la remarque la plus enfantine que j’ai jamais entendue, mais que peut-on attendre d’autre d’un étrangleur. Pourquoi mes bras ne bougent-ils pas ?

- Tu étais mort, expliqua Inigo.

- Et nous ne t’étranglons pas, expliqua Fezzik, nous te donnons la pilule.

- La pilule de résurrection, expliqua Inigo. Je l’ai acheté à Max le Miraculeux et elle marche pendant soixante minutes.

- Qu’arrive-t-il après soixante minutes ? Est-ce que je meurs encore ? » (Ça ne faisait pas soixante minutes, c’est juste qu’il le pensait. En fait ça faisait quarante minutes ; seulement ils avaient déjà utilisé une minute en conversation, alors il ne restait plus que trente-neuf.)

« Nous ne savons pas. Peut-être qu’on s’évanouit et qu’on a besoin d’une année de soins ou autant de temps que demandent tes forces pour revenir.

- J’aurais souhaité me souvenir comment c’était quand j’étais mort, dit l’homme en noir. J’écrirais tout. Je pourrais me faire une fortune avec un livre comme ça. Je ne peux pas bouger mes jambes non plus.

- Ça viendra. C’est prévu. Max a dit que la langue et le cerveau étaient immédiats après la pilule et tu pourras probablement bouger, mais doucement.

- La dernière chose dont je me souvienne c’est de mourir, alors pourquoi suis-je sur ce mur ? Sommes-nous ennemis ? Avez-vous un nom ? Je suis Robert le Redoutable Pirate, mais vous pouvez m’appeler "Westley".

- Fezzik.

- Inigo Montoya d’Espagne. Laisse-moi t’expliquer ce qu’il se passe… » Il s’arrêta et secoua la tête. « Non, dit-il. Il y a trop à dire, ça prendrait trop de temps, laisse-moi te le résumer : le mariage est à six heures, ce qui nous laisse maintenant probablement quelque chose comme une grosse demi heure pour entrer, voler la fille, et sortir ; mais pas avant que je tue le comte Rugen.

- Aspects négatifs ?

- Il n’y a qu’une porte du château qui soit en opération et elle est gardée par probablement une centaine d’hommes.

-Hmmm, » dit Westley, pas aussi mécontent qu’il l’aurait été ordinairement, parce qu’alors il venait juste de commencer à être capable de tortiller ses orteils.

« Et les points positifs ?

- Ton cerveau, la force de Fezzik, mon fer. »

Westley arrêta de tortiller ses orteils. « C’est tout ? Voilà ? Tout ? La grande totalité ? »

Inigo essaya d’expliquer. « Nous opérons sous une terrible pression au niveau du temps depuis le début. Encore hier matin, par exemple, j’étais un ivrogne sans espoir et Fezzik travaillait pour la brigade de brutes.

- C’est impossible, cria Westley.

- Je suis Inigo Montoya et je n’accepte pas la défaite… tu trouveras quelque chose ; j’ai une complète confiance en toi.

- Elle va épouser Humperdinck et je suis impuissant, dit Westley dans un désespoir infini. Rallongez-moi. Laissez-moi seul.

- Tu laisses tomber trop facilement, nous avons combattu des monstres pour te trouver, nous avons tout risqué parce que tu as le cerveau pour vaincre les problèmes. J’ai une confiance totale et absolue en toi…

- Je veux mourir, » murmura Westley et il ferma les yeux. « Si j’avais un mois pour planifier, je pourrais peut-être trouver quelque chose, mais là… » Sa tête roula d’un côté et de l’autre. « Je suis désolé. Laissez-moi.

- Tu viens juste de bouger la tête, » dit Fezzik, faisant de son mieux pour être joyeux. « Ça ne te remonte pas le moral ?

- Mon cerveau, ta force et son fer contre une troupe de cent ? Et tu penses qu’un petit mouvement de la tête est supposé me rendre heureux ? Pourquoi ne m’avez-vous pas laissé à la mort ? C’est pire. Étendu ici impuissant pendant que mon grand amour épouse un meurtrier.

- Je sais qu’une fois passé cette explosion émotionnelle, tu trouveras un…

- Je veux dire si au moins on avait une brouette, ça serait déjà quelque chose, dit Westley.

- Où on a mis cette brouette que l’albinos avait ? demanda Inigo.

- Sur l’albinos, je crois, répliqua Fezzik.

- On peut peut-être avoir une brouette, dit Inigo.

- Eh bien pourquoi tu n’as pas mis ça dans les points positifs dès le début ? » dit Westley en s’asseyant pour regarder les troupes massées au loin.

« Tu viens de t’asseoir, » dit Fezzik, essayant toujours d’être joyeux.

Westley continua de regarder les troupes et la pente qui menait vers eux. Il secoua la tête. « Qu’est-ce que je ne donnerais pas pour un manteau d’holocauste, dit-il alors.

- Là nous ne pouvons pas t’aider, dit Inigo.

- Est-ce que ça fera l’affaire ? » se demanda Fezzik, sortant son manteau d’holocauste.

- Où… ? commença Inigo.

- Pendant que tu courrais après la poussière de grenouille… répondit Fezzik. Il me va si bien que je l’ai rangé sur moi et je l’ai gardé. »

Westley se mit alors debout. « Très bien. Pour finir, je vais avoir besoin d’une épée.

- Pourquoi ? demanda Inigo. Tu peux à peine en lever une.

- C’est vrai, accorda Westley. Mais peu de gens le savent. Écoutez-moi maintenant ; il pourrait y avoir des problèmes une fois que nous serons dedans…

- Je dirais qu’il pourrait y en avoir, coupa Inigo. Comment arrêtons-nous le mariage ? Une fois cela fait, comment je trouve le Comte ? Une fois cela fait, comment je te retrouve ? Une fois que nous sommes ensemble, comment nous échappons-nous ? Une fois que nous nous sommes échappés…

- Ne le harcèle pas avec toutes tes questions, dit Fezzik. Du calme, il était mort.

- Ok, ok, désolé, dit Inigo.

L’homme en noir bougeait maintenant trrrrrrès lentement le long du sommet du mur. Tout seul. Fezzik et Inigo le suivaient dans l’obscurité en direction de la brouette. On ne pouvait pas nier le fait qu’il y avait une certaine excitation dans l’air.

*                                                                   *                                                                     *

Bouton d’Or, de son côté, ne ressentait aucune excitation d’aucune sorte. Elle ne s’était, en fait, jamais rappelé un si merveilleux sentiment de calme. Son Westley venait ; c’était tout son monde. Depuis que le Prince l’avait ramenée à sa chambre, elle avait passé les heures suivantes à penser aux moyens de rendre Westley heureux. Il n’y avait aucune chance qu’il manque d’arrêter son mariage. C’était la seule pensée qui pouvait survivre à la traversée de son esprit conscient.

Alors quand elle entendit que le mariage devait être avancé, elle ne fut pas le moins du monde angoissée. Westley était toujours prêt pour toutes les éventualités, et s’il pouvait la secourir à six heures, il pouvait tout aussi heureusement la secourir à cinq heures et demi.

En fait, le prince Humperdinck fit aller les choses plus vite qu’il ne l’avait espéré. Il était 5 h 23 quand lui et sa future épouse s’agenouillèrent devant le vieil archidoyen de Florin. Il était 5 h 24 quand l’archidoyen commença à parler.

Et 5 h 25 quand les hurlements commencèrent à l’extérieur de la porte principale.

Bouton d’Or ne sourit que légèrement. Voici mon Westley maintenant, fut tout ce qu’elle pensait.

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Ce n’était pas, pour être précis, son Westley qui causait l’émoi dehors. Westley faisait tout ce qu’il pouvait pour simplement marcher droit sans aide sur la pente qui descendait vers la porte principale. Devant lui, Inigo se battait avec la lourde brouette. La raison de son poids c’était que Fezzik se tenait debout dedans, les bras écartés, les yeux incendiés, la voix tonnant dans une rage terrible : « Je suis Robert le Redoutable Pirate et il n’y aura aucun survivant. » Il disait cela encore et encore, sa voix faisant écho et se propageant alors que sa rage montait. Il glissait, debout là, à travers les ténèbres, une figure assez imposante, semblant, globalement, grand de pratiquement trois mètres, avec la voix qui allait avec. Mais même ça ce n’était pas la cause des hurlements.

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Yellin, de sa position à la porte, était raisonnablement effrayé par le géant rugissant qui glissait vers eux à travers les ténèbres. Ce n’est pas qu’il doutait que sa centaine d’hommes puisse expédier le géant ; la chose effrayante était, bien sûr, que le géant devait être conscient de ça aussi, et en toute logique il devait y avoir quelque part dans l’obscurité là-bas un certain nombre de géants en renfort. D’autres pirates, quelque chose. Qui pouvait le dire ? Pourtant, ses hommes restaient remarquablement fermement groupés.

Ce fut seulement quand le géant arriva à mi-chemin de la pente qu’il prit soudainement, gaiement, feu et continua sa course en disant : « Pas de survivants, pas de survivants ! » d’une manière qui ne pouvait qu’indiquer une sincérité mortelle.

Ce fut de le voir prendre gaiement feu et avancer vers elle qui fit hurler la brigade de brutes. Et une fois que cela arriva, eh bien, tout le monde paniqua et courut…

Posté par Melie à 13:33 - The Princess Bride - Commentaires [0] - Permalien [#]

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